Tendances
& accoutumances
la suite....
& accoutumances
la suite....
CHAPTER 2 : life behind clouds...
Where we’ll learn life isn’t always pink and we have to overcome many trials...

Ali
Quel temps de merde ! J’arrive à la station Châtelet, trempé de la tête jusqu’aux pieds. Bzzzz bzzzz. Ma poche vibre, sûrement un texto de Julian.
“ T ou frère ?” Et ouais. La routine d’un lundi matin en direction du bahut. Je retrouve Ahmed et Julian devant l’arrêt du métro.
- “Oh, frère, on t’a mis au courant ?” m’aborde directement Julian après m’avoir salué, avec une petite grimace au coin de la lèvre.
Là, mon cerveau entre en ébullition. Au courant de quoi ? Pitié qu’il n’annonce pas : Ya eu un mort... Non, tout mais pas ça.
- “De ... De quoi ? je m’enquis.
- Bah, contrôle de maths quoi !”
Mon rythme cardiaque se stabilise illico... OUF.
- “Ah... Nan. Mais je m’en fous je sèche, je souffle...
- Vas-y mais tu sèches tout le temps en ce moment mec, abusé, arrête tes conneries !
- Fous moi la paix mon frère, ça m’a soulé les cours, j’y peux rien t’sais !
- Ouais, et le bac t’sais ? Et ta mère elle dit quoi ta mère ? Tu vas encore te faire niquer!”
Je boue intérieurement. J’ai envie de répondre à Julian que ma mère est actuellement occupée à faire le tapin pour nous permettre de vivre dans ce maudit taudis boulevard Vitreuil, cloîtré dans un HLM qui pue la pisse, réputé pour ses “dealers qui offrent une barrette contre une baise” dans les sous-sols. Sympa non ? Donc ma mère n’a pas vraiment le temps de se préoccuper des études de son fils, non ! Ahmed est le seul au courant de ma situation. C’est un mec en or, Ahmed.
- “Bon allez c’est bon lâche le, Ju’. On y va là, on va être en retard les gars, allez...”
Il fait vraiment trop moche. Et je crois que mon esprit a la même couleur que le ciel...
Pourquoi tout est si sombre, depuis samedi dernier ? Pourquoi, putain...
Clément
“Waoooh, Clém, ta nouvelle veste oh salope, comment elle est trop magnifique !”
“Clément !!!! Ça va ? Pourquoi t’étais pas là lundi ? Oh, qu’est ce qui y’a mec ?”
“Clément ? Wouhouu, tu nous entends ? Vas y t’es pas drôle ! On s’casse t’sais”
“Oh, Clém ? C’est moi, Emma.. Mais réponds putain, tu fais exprès ?
HÉ ?!!
T’es dans le coma là ou quoi ?”
- Mais fermez là bordel... !!! Lâchez moi là !” Est ce moi qui ai dit ça ? Je crois bien...
- Mais vas y qu’est ce que t’as, pourquoi tu nous agresses ? Sympa le pote.
- Ouais, franchement Clém, abusé, pourquoi tu fais la gueule ?
- Je fais pas la gueule, je réponds sobrement.
- Ouais ouais... (Ça c’est Gwen...)
- Oh mais qu’est ce que t’as Clém...? On dirait y’a eu un mort là !”
Silence complet. Mes yeux s’embuent de larmes. Ils sont vraiment trop cons. Tous autant qu’ils sont. Où sont mes vrais amis ? Où est ce qu’ils sont bon sang ?
Et puis moi, qu’est ce que je fous ici ? J’ai plus rien à faire au bahut ! June a quitté le lycée, elle m’a dit qu’elle se sentait plus, Cristina va continuer les cours par correspondance... En fait, seule Manon vient encore... Manon... Ce matin elle m’a lancé un de ces regards... Le genre de regard qui vous fait grave flipper, et qui vous font encore plus vous sentir coupable, vous voyez le genre ? J’ai pas fait grand chose, et pourtant, j’ai tout foutu en l’air. J’ai les mains tâchées de sang, et je n’arrive plus à avancer ! C’est pitoyable. C’est ça, une dépression ? Je suis peut être malade après tout. Mon père, c’est le seul à s’en être aperçu. Seulement il a foiré, au moment où il en a parlé à Maman. “Chéri, Clément ne va pas bien” “Que se passe t-il mon fils ?” Je n’ai pas répondu. Je n’avais pas envie de parler voilà tout. Ma mère ne l’a pas compris et s’est obstiné à me demander ce qui n’allait pas. Elle a voulu m’approcher en m’embrasser sur la joue, et... C’est là que je l’ai frappé.
Oui, j’ai frappé ma mère... Pourquoi ? je ne sais pas trop. Depuis, je suis considéré comme fou et mes parents veulent m’amener voir le psy. C’est gai. L’ambiance à la maison est chaotique, je n’ai plus du tout envie d’y retourner, d’autant plus que mon grand frère s’est barré le mois dernier pour l’Armée de l’air, alors je vous dis pas... Je ne me sens plus à ma place nulle part ... Des envies suicidaires me collent à la peau, c’est malheureux, mais je trouve pas que ce monde ait réellement voulu m’ouvrir les bras.
Expliquez moi, je vous en prie... Hier j’étais un mec heureux, toujours le sourire aux lèvres, j’avais une copine, je m’entendais bien avec ma famille, et je préparais mon bac tout en profitant de mes potes... Aujourd’hui j’ai perdu tout goût de vivre, je m’isole totalement, je n’ai plus envie de parler à personne, et je commence à boire chaque soir en m’enfermant dans ma chambre. Vincent, qu’est-ce que je dois faire ? Dis moi...
Estelle
Et voilà. Aujourd’hui, j’ai huit ans ! Joyeux anniversaire Estelle ! Je suis contente.
Mais au fond je suis quand même triste. C’est vrai, je devais fêter mon anniversaire, mais finalement... Je ne sais pas si je pourrai. En fait, c’est mon frère qui m’avait promis qu’on irait à Arizona Land avec Papa et Maman le dimanche qui suivait mon anniversaire. Mais ça fait longtemps que j’ai pas vu mon frère ! En fait, je dois attendre son retour. Samedi il est parti. Mais Maman m’a dit qu’il allait bientôt revenir ! Alors j’attends, mais vous savez, je suis pas très patiente ! Alors, Vincent dépêche toi ! J’ai hâte de te retrouver !
Ta petite soeur qui t’aime plus fort que tout.
June
- “T’en veux une ?”
Max me tend une clope. Au point où j’en suis, je n’ai même pas l’audace de refuser.
- “Merci.” La flamme du briquet vient lécher l’embout de ma cigarette. J’aspire et la fumée vient imbiber mes poumons frais. Je crache lentement, l’air imperturbable.
Et puis je regarde le ciel... Et je vois des trucs pas très net dans les nuages... Comme des tâches violettes.
- “T’es perdue Julie ?
- Hein ?
- Qu’est-ce que tu regardes ?
- Les nuages.
- Hm hm ? Et qu’est ce qu’ils ont de particulier, les nuages ?
- Et bien... C’est flou. On ne sait pas trop ce qu’ils veulent dire, mais c’est comme s’ils souhaitaient parler, communiquer quelque chose, tu vois ? Ils sont là, dominant le monde, et ils ont l’air de tout savoir.” J’aspirais à nouveau une bouffée de tabac. “Mais bon, je me trompe peut-être... Dis, tu crois aux esprits toi ?” Je ne laissais pas à Max le temps de répondre. “Non parce que, s’ils existaient réellement, qui dit qu’ils ne se cacheraient pas derrière les nuages afin de nous observer et voir comment se poursuit la vie sans eux ? Qu’est ce que t’en penses ? Mais en même temps, c’est étrange... Oui, les esprits, ils sont sensés être bons ou mauvais ? Car s’ils se cachent derrière ces épais nuages noirs, et bien moi je trouve qu’ils nous brouillent l’horizon et qu’ils nous prive de la lumière, comme pour nous punir d’une grosse bêtise qu’on aurait commis, t’es pas d’accord ? Les nuages sont en fait une sorte de pénitenciers... Pour tout le mal qu’on a fait.
Max m’écoutait avec beaucoup d’attention, mais je sentais dans son regard une sorte d’appréhension.
- “Hm, peut-être.
- C’est tout ce que tu as a dire ? Tu penses pas toi, de toutes façons ?
- Bah, heu, comment dire ... Ça m’arrive pas souvent de réfléchir à ce genre de trucs, c’est vrai...
- Ouais, tu me prends pour une folle...
- Oui... Heu mais non ! Qu’est-ce que tu dis ! Pas du tout...
- C’est bon j’ai compris.”
J’attrapais la lanière de mon sac à main et quittait le bord de fenêtre où nous nous étions installés un quart d’heure auparavant, Max et moi. Maxence. C’est un voisin. Il a un an de moins que moi, mais je m’entends bien avec lui. Enfin, je m’entendais. En ce moment, j’ai l’impression de créer des tensions partout autour de moi... Mais ce n’est pas voulu ! Je m’enfuyais du côté de chez JC à petites foulées. J’entendais Max me retenir en appelant mon nom, mais pas une fois je ne me retourna.
JC habitait à quelques pas, et je n’avais plus personne à qui parlait... À lui, je parvennais à me confier plus facilement... Il avait un certain âge (vingt cinq de plus que moi), mais l’âge m’importait peu, je m’entendais bien avec lui.
C’est marrant, au moment où j’écrasais ma cigarette sur le bord d’un trottoir, et que je levais à nouveau les yeux au ciel, une éclaircie apparut. Et dans ma tête, inconsciemment, je me dis :
- “Bonjour mon coeur...”
Manon
J’allais rentrer chez moi, quand ma mère m’appela.
- “Comment ça va ma chérie ? Où est ce que tu es ?” Ce que je détestait ça. Depuis quelques jours, ma mère était toujours derrière mon dos, à me demander “et comment ci, et comment ça”... Elle avait tenté de m’expliquer : “Tu vis quelque chose de difficile en ce moment, et tu sais bien que nous sommes tous là pour toi ma chérie... hein, tu le sais ?” Bordel, si tu évitais de me le rappeler sans cesses, ce serait peut-être plus facile, non ?
- “J’arrive là.
- Bon, je t’attends. Ton père n’est pas encore rentré de son atelier, on pourra aller faire un peu de shopping entre nanas, ça te dis ?”
Elle le fait exprès ou quoi ? Ma mère ne me demande jamais de faire du shopping habituellement. Je suis totalement dégoûtée, et j’hésite à rentrer, ou plutôt aller voir mon père à son atelier... Il habite vers chez Julie, comme ça, je pourrai passer la voir dans la foulée. Ouais, je vais faire ça, c’est bien mieux. Que dire à ma mère ? Mentir ? Non, cette fois, j’opte pour lui cracher la vérité :
- “C’est bien gentil, mais... J’ai mieux à faire. A plus.”
Hm, c’était un peu cru... Je me suis empressée de raccrocher, et je me postais à l’arrêt de bus de Baudelaire. Là, surprise... Je rencontrais un visage assez familier...
Cheveux courts, roux, jolie peau, visage pâle, yeux gris-bleus... Mais... Oh putain.
La fille du Malibu... C’était elle, obligé ! Avec son décoleté assez exagéré, il n’y avait aucun doute possible... Elle était adossée contre le poteau de l’abri-bus... En fait, elle dut se sentit observée car elle tourna subitement son regard vers le mien... Aucune réaction. Elle n’avait pas du me remarquer à la soirée... Que faire ?...
Vas y Manon, va lui parler... Allez... Mais non. La timidité et l’angoisse m’avaient paralysé, et je ne parlais pas aux meurtrières. Meurtrière ?... J’y allais peut-être un peu fort... N’empêche que... Si cette meuf n’avait pas existé... Oh putain... Je serre les dents, les poings, j’ai envie d’aller me placer en face, de lui cracher à la gueule et d’emplâtrer sa sale tête contre la vitre de l’abri-bus... Mais... Le car arrive... Pitié qu’elle ne prenne pas le même que moi. Je réajuste ma frange, et me rend compte que j’ai transpiré. La rousse ne bouge pas d’un poil. En passant devant elle pour monter dans le bus, je m’arrête une fraction de seconde, et la regarde, droit dans les yeux... Elle se sent dévisagée... Elle déglutit (je fais si peur que ça ?).
- “Qu’est ce qu’il y a ? me tente t-elle. Je m’empresse de répondre :
- Emily, hein. Sale pute.”
Le car démarre. J’ai vite fait de tourner les talons et de monter sans me retourner. Je sens son regard collé sur moi, mais peu importe. J’ai dis ce que je pensais, voilà.
Honte sur moi, je me sens bizarre... J’arrive à l’arrêt du Quartier Haussmann. Je descend, et je dois me tenir à un panneau de limitation de vitesse... Je sens que je vais faire un malaise, qu’est-ce que j’ai ?... Burp, j’ai un renvoi...Je finis par vomir mon repas de midi de la cantine... Un homme descendu du bus s’approche de moi, en me tendant un mouchoir.
- “Ça va pas mam’zelle ?
- Beuh... Ça pourrait aller mieux, c’est sûr...
- Vous voulez v’nir chez moi vous rafraîchir un peu les idées mam’zelle ?”
Ah ouais d’accord, franco le gars. Je regarde à quoi il ressemble. Cheveux bruns en bataille, regard perçant, veste en cuir (alors qu’il fait au moins 27° à l’ombre), et jean collé à la peau. 35 ans environ.
- “Hm, non merci, j’habite pas loin.
- Bon, et bien j’vous raccompagne.” Oh, non... Il est lourd là.
- “Merci mais...
- Non non n’insistez pas c’est décidé, suivez moi...
- Je parle français ou pas ? J’ai dis NON !
- Mais mam’zelle pas la peine de s’énerver...
- Dégage ! ...”
Je jette son mouchoir à terre et je m’enfuis en courant... Ce qu’ils peuvent être chiants des fois ! N’empêche que je suis assez fière de ma self-défense... J’ose l’agressivité en ce moment. Peu importe si c’est la bonne méthode ou non, au moins comme ça, on me fout la paix. J’arrive à l’atelier de mon père, et je sonne... J’attends...
A suivre...
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire