You're welcome... Unfortunately!

PASSION INVADES MY HEART BABY, IT'S SO GOOD.

















samedi 29 mai 2010

Tendances
& accoutumances

la suite...

3


Jordan

J’ai toujours été fou amoureux de Cristina. On est sorti ensemble un an et demi, et ça a été les plus beaux mois de mon existence... Je l’avais rencontré lors d’une fête, que donnaient mes parents ... J’avais alors vingt deux ans, et je ne faisais rien de ma vie. J’étais un raté, vous pouvez le dire. Comme je n’avais nulle part où aller, mes parents m’hébergeaient, et moi je me débrouillais comme je pouvais, en faisant de l’interim (je les ai tous fais, de livreur de pizza à éboueur, j’ai eu droit à tous les jobs qui puissent exister sur ce monde)... Mais je ne vivais pas comme j’aurais du vivre, et surtout, surtout, j’étais en mal d’amour. Jusqu’à ce que je la vois. Elle et sa petite soeur accompagnaient leurs parents, à cette fameuse fête, le 2 janvier... Elle n’avait que quinze ans, et elle en paraissait dix-sept. Grande, brune, cheveux mi-longs et soyeusement bouclés, des grands yeux gris, et une forme de mannequin. Je suis tombé raide dingue de Cristina. On a parlé toute la soirée, et on est restés en contact. Deux semaines après, on s’aimait comme des fous.


J’avais retrouvé la joie de vivre, j’avais même acheté un petit appart’, à vingt minutes de chez nos parents (qui étaient donc de bons amis). J’avais l’impression de vivre un rêve. Je travaillais comme serveur dans un pub, et j’étais assez bien rémunéré, j’ambitionnais de passer des diplômes pour travailler dans la restauration ou l’hôtellerie. Je l a voyais tous les soirs, le week end, elle dormait à la maison, ou vice versa. Nos parents étaient compréhensifs, la différence d’âge ne leur importunaient pas vraiment, ils voyaient comme notre amour était sincère et profond. Et puis un malheureux jour, tout s’est retourné pour moi. De mon côté, je ne cotoyais pas beaucoup de filles, car dans le pub où je bossais, on était seulement quatre serveurs, que des mecs. Mais Cristina... Elle est rentrée au lycée, et a rencontré une foule de nouveaux amis. Elle était si contente, elle m’en parlait tout le temps. Et moi, j’étais tellement in love, que je me suis laissé prendre pour un con. “ Aujourd’hui j’étais avec Alex. Il est cool, c’est à côté de lui que je me suis assise à la rentrée, tu t’en souviens ? “ “J’ai mangé avec les filles, et Alex s’est joint à nous” “Alex m’a raccompagné jusqu’à chez moi ce soir...” “Alex, Alex”... Ce prénom l’obsedait. Elle m’a trompé le 23 octobre; elle a prétendu être malade ce vendredi soir, mais en fait, elle s’est rendu chez Alex, qui fêtait son anniversaire. Je l’ai appris en fouillant dans son portable (je n’avais pas d’autre choix, et je m’étais bien rendu compte que son comportement avait changé envers moi). Elle s’est mise à pleurer, et je lui ai demandé de choisir. Lui ou moi... Reconnaissez que j’ai été dévoué, sur ce coup là. J’aurais pu lui en coller une et lui avouer que je ne voulais plus entendre parler d’elle. Je lui ai donné une seconde chance, car elle disait qu’elle m’aimait. Elle prétendait m’aimer. Alex est resté dans sa vie. Aujourd’hui, Cristina est une amie. Une simple amie. J’ai beaucoup de mal à me faire à cette idée, car à chaque fois que je la vois, que je suis avec elle, je me remémore tous ces bons souvenirs qu’on a passé ensemble... Elle vit sa vie, je vis la mienne. J’ai eu d’autres relations avec des filles, mais, ça n’a jamais duré, et ça n’a jamais été aussi fort qu’avec Cristina. Même si je me dis, elle n’a que dix huit ans, et j’en ais vingt cinq, je l’aime à la folie !... Mais ça ne sera plus jamais comme avant... Je me dis ça, et pourtant... Des qu’elle a besoin de moi... Je suis là pour elle. Je l’aime.


Clément


Il y a eu un long moment de silence dans la voiture de la mère de Julie. Toutes les images nous sont revenues, à moi et à June. Au début de la soirée; l’arrivée en boite. Nous étions à deux voitures : la mienne, et celle de Quentin. Il y a avait lui, Manon, Cristina, Mathias, Quentin, Julie, et moi. La soirée s’est bien déroulée ... Seulement la première heure. On avait juré de ne pas se séparer, et surtout, de ne pas trop boire. Seuls Vincent et Julie ont désobéi aux règles. Julie, on l’a rattrapé à temps, j’ai pu la prendre en mains... Mais Vincent... Au moment où nous sommes partis, il nous a dit qu’il rentrerait plus tard... Et on a plus eu de nouvelles de lui. D’accord, il nous a un peu lâché pour aller avec des gens qu’ils ne connaissait même pas... mais on aurait pu se préoccuper un temps soit peu de lui ! Seulement voilà, il a aussi fait pire que nous lâcher, il a rencontré une copine, et a exhibé leurs débats adultères aux yeux de tous; de nous, comme de June. Comment l’a t-elle vécu ? Boh, elle était bourrée. (C’est ce qu’a du se dire Vincent, pour agir ainsi...) Et là, on se rend compte de ce qu’il a pu arriver à Vincent. Il s’est fait percuté par un véhicule en sortant de la boite ? Il y a eu une baston avec de gros malabars ? Des mecs bourrés l’ont agressé sans excuse ?... Que s’est-il passé bordel ? Que fout-il à l’hosto, en ce moment même ?
On comprend vite que l’heure est grave et qu’on devrait bouger notre cul plutôt que de rester à méditer et à culpabiliser dans la voiture. June et moi on descend. Ses yeux sont remplis de larmes. Je reste un peu con.
- “ Viens vite, me dit-elle.
- Je vous attend là, nous prévint la mère de June”

Chambre 412. Au moment de toquer à la porte, Julie se retourne subitement vers moi, et s’écroule... - “Mais qu’est... Qu’est-ce qu’il s’est passé ?" elle pleure. On n’est même pas encore dans la chambre, et elle craint le pire... Moi aussi, mais je n’en laisse rien paraître.
- June, calme toi.” Je la rattrape, elle ne tient plus vraiment sur ses jambes.
- Où .. Où était Vincent ?... Pourquoi...” Elle suffoque totalement, ses yeux rougissent, et son nez coule. Elle devient soudainement une petite fille de huit ans qui a peur. Très peur. Elle n’ose pas ouvrir la porte. Cette dernière s’ouvre toute seule, et le regard perçant de Cristina apparaît. J’ouvre la bouche, l’air béat...Cristi est donc au courant. On ne voit pas Vincent, la porte de la chambre ouvre sur un couloir étroit.
“ - Eh bien c’est pas trop tôt. On se demandait vraiment ce que tu foutais Julie ! Julie ravale ses larmes. - Écoute Cristi...je tente.
- Non, non, ne parle pas, les justifications, moi j’en ai rien à faire, la police c’est pas moi. Entrez. “
Elle n’a pas tort. De plus, on a aucune justifications. On est les derniers à avoir été au courant de l’incident, et j’ignore pourquoi... Ces coups de fil aux quels June ne répondait pas, ce matin... Julie traverse à la volée le minuscule couloir, et bouscule le porte-manteau qui trône devant nos yeux. Celui ci manque de se renverser. J’entends June saluer d’autres personnes...
- “Bonjour Manon. Et bonjour.” Quoi ? Manon est là. Mon coeur fait un bond. Mais bien sûr, quel con. Cristina n’est pas seule avec Vincent... Je veux rentrer, mais Cristi me bloque le passage.
- “Deux secondes, chéri, pas si vite. - J’ai pas le droit de voir mon meilleur ami ?
- Ça, je ne t’en empêcherai pas, mais ... Elle se rapproche de mon oreille et chuchote.

- Ne parle pas à Manon. Merci.” Elle passe devant moi. Et la scène apparait devant moi, qui suis complètement déboussolé. Vincent, d’abord. Son teint si pâle qu’on aurait presque dit un mort... Ça me fait un choc. Il apparaît comme un ange endormi. Qu’est-ce qu’il s’est passé ?... June est en face du lit, la tête baissée, elle pleure. Il y a deux mecs, et leurs visages ne me parlent pas. Quoique si, c’est Jordan, un des ex de Cristina. Qu’est-ce qu’il fout là celui là ? Un autre gars, est debout dans un coin de la chambre, il ne parle pas, il croise les bras. Il est de la famille à Vincent ?... Je n’en sais rien. Manon est assise sur une chaise, les deux mains liées. Son visage est triste. Elle ne m’adresse pas un regard, quand j’apparais... Je m’approche de June et Vincent, après avoir offert un simple signe de tête aux deux autres gars. June implose d’un seul coup, elle est si fragile... Et Vincent est inconscient. Il n’est plus avec nous en ce moment...



J’assiste à la scène la plus émouvante que j’aie jamais vécue: Julie attrape fébrilement la main de Vincent, et elle articule, avec beaucoup de mal : “ - Vincent... Je m’en veux tellement... Reviens s’il te plait, reviens...” June pleure. Vincent respire lentement. Manon se lève et va vers Cristina, et le mec du fond de salle ne bouge pas d’un poil. Et moi, je me sens en trop.
POURQUOI ÇA NOUS ARRIVE, À NOUS .... ? Hein, pourquoi ?



Manon


Combien de temps restera t-il dans la torpeur ? On ne sait pas, on ne peut pas savoir....
Quand Jordan, l’ex petit ami de Cristi a demandé à savoir ce qu’il s’était passé, Cris et moi nous sommes regardées; et le questionneur a compris que nous n’étions pas vraiment renseignées. C’est là que le gars anonyme est intervenu.
- Excusez moi. Je m’appelle Ali, et... J’étais avec Vincent quand ça s’est passé.
Les regards l’ont fusillé. - Alors, explique toi, du lancer Jordan, car Cristina et moi étions immobilisées.
- Je ... J’ai voulu l’en empêcher. Mais Vincent a pété un câble hier ... Il s’est piqué, après avoir bu et beaucoup fumé. Au bout d’un moment il n’a plus tenu, on la vu partir. J’étais le plus en état, je l’ai direct conduit à la clinique. Je suis restée sous le choc. Cristina a du s’asseoir. Vincent s’était drogué. Mon Dieu ! Quelle horreur....
- Voilà, nous sommes allés chez moi, après la soirée au Malibu. On a proposé à votre pote Vincent, car il s’était fixé sur Emily...
- Tais toi, ai-je lancé inconsciemment. Julie pleurait.
- Julie... ai-je bafouillé...
- Je...
- Oh, merde, m’a coupé Ali. J‘ai capté; tu es sa petite amie ? Écoute, je... Clément l’a interrompu et a sèchement articulé :
- C’est bon, merci. Tu en fais un peu trop, non ? Qu’est-ce que t’en as à faire d’abord ? Tu nous connais même pas !
- Et alors ? a répondu subitement Ali. Est-ce que ça pourrait m’empêcher d’agir ?
J’ai trouvé son intention bonne, mais que pouvait-il faire pour nous aider ?

- Très bien, poursuivit Ali, voilà ce que m’ont dit les médecins ce matin... (Tout le monde cessa de respirer). Etant donné que Vincent est tombé dans le coma vers 7 h, ça fait 4h qu’il est inconscient. Des comas éthyliques peuvent durer 10 minutes comme ils peuvent durer 48 heures... Comme vous le voyez, Vincent a été relié à une première poche qui lui injecte une concentration de glucose, avec une autre poche qui permet de l’hydrater régulièrement. Il a subi une incubation trachéale, ainsi il respire en ce moment aussi bien que vous ou moi. OK ?... On lui a également administré une sonde urinaire, et injecté un antidote en cas d’une éventuelle intoxication morphinique (la drogue qu’il a incubé dérive de la morphine). Voilà.



- Dis moi, intervint Jordan, t’as l’air de bien t’y connaître concernant la came toi ... ?
Ali hésita à répondre.
- Disons que... j’ai pas mal d’antécédant qui font que. Voilà tout.
- C’est malheureux... se permit d’ajouter Jordan.
Il aurait peut-être du fermer sa gueule.
Ali réagit immédiatement.
- Écoute moi, je te connais pas et donc je ne me permettrai pas d’agressivité envers toi mec. Mais quand tes parents, qui vivent dans un taudis au Maroc, sont forcés de travailler dans les plantations de beue pour se permettre de vivre, tes antécédants se tracent seuls devant ta face tu vois un peu ?! Je n’ai pris aucune décision personnelle crois moi ! ... La prochaine fois évite ce genre de réflexions...
Jordan ne répondit que par le silence. Il culpabilisait apparemment, et je pouvais le comprendre... Personne n’osait parler.
C’est alors que la porte de la chambre s’ouvrit....





Ali


Décidément, je ne m’entendrai pas avec ce mec là, je me suis dit. Il ouvrait un peu trop sa bouche à mon goût. Tandis que l’autre mec, arrivé un peu plus tard, se contentait d’entremêler ses doigts et de fixer le lino de la pièce trop claire.
Une infirmière entra dans la pièce et toutes les attentions se tournèrent vers elle.
- Je vais vous demander de quitter la salle jeunes gens, votre ami a besoin de repos. Personne ne parlait, les personnes assises se levèrent, et tous dans un même élan, on se dirigea vers la sortie. Mon portable sonna.
- “Merde, je chuchotais. “ J’avais zappé le silencieux. J’entendis le mec âgé (celui qui m’avait agacé) pouffer. Vachement discret. La jeune fille blonde qui devait être la compagne de Vincent s’approcha de moi. Je ne m’y attendais pas vraiment en vérité.
- Je peux te parler deux secondes...? elle me demanda d’une voix affirmée.
- Ouais, bien sûr. “ On s’éloigna.


- Vincent ... Est-ce qu’il a couché avec Emily cette nuit ?”
Mon regard se noya dans celui couleur azur de la jeune fille en face de moi. Dans ma tête je pensais : “Dis rien... Surtout ne dis rien, ça lui déchirerait le coeur, et elle ne mérite sûrement pas ça” ...

- Heu, je ... (j’hésitais). C’est à dire que je ne suis pas trop au courant.
Mais, heu, non... Je ne pense pas, vraiment, vu leurs états cette nuit.” Pourquoi affichais-je cet air d’indifférence, alors qu’en vérité je voulais la rassurer... Elle déglutit.
- D’accord... Bon, merci quand même..” Elle tourna les talons.
- “Attend... Ju... Julie c’est ça ? Prend mon numéro. J’aimerais avoir des nouvelles de Vincent très bientôt.” Je n’inventais pas de prétexte, mais il est vrai que j’en profitais en même temps pour avoir des nouvelles de Julie elle même... Cette jeune fille m’inspirait confiance, et sans même la connaître je n’aurais souhaiter que son bonheur. Elle me tendit son portable, et je m’enregistrais dans son répertoire.
- “Merci beaucoup...” Sur ce, nous retournâmes vers la foule, et j’attendis que le deuxième garçon arrivé finisse sa phrase pour saluer tout le monde.
- “Je tiens à vous faire mes sincères excuses pour tout ce qui est arrivé. Je me tiendrais au courant de l’état de votre ami, et je ferai n’importe quoi pour me faire pardonner croyez moi....
- Je t’ai trouvé très courageux et très généreux. Merci.” La jeune fille qui m’adressa ce compliment n’était autre que l’une des premières à être entrées dans la chambre d’hôpital, Manon.

- “Au revoir....” Je m’éloignais d’eux, avec un ressentiment étrange flottant au fond de mon âme.



A suivre...

jeudi 27 mai 2010

Tendances
& accoutumances

la suite...

2



June

Un rayon de soleil passe à travers les volets de Clément, et fait virevolter les poussières, comme de la poudre de fée. Je reste consternée devant ce spectacle matinal, et ignore que Clément s’est aussi réveillé, et m’observe.


- Tu me regardes, je lui dis.
- Non.
- Tu ne dors pas...
- Si. Je te jure. Tu dois rêver.
Je me retourne vers Clément, et je rigole.
Il me prend la main. On est très proches. Peut-être trop ? Non.
- J’ai mal à la tête, je me plains.
- C’est normal. (Il n’en dit pas plus). Il m’embrasse sur le front. Et je me laisse faire.
J’ai envie de rigoler. Parce qu’il me regarde, et que lui seul sait les bêtises que j’ai pu faire hier soir à cette soirée. Moi-même, je serai incapable de réellement tout vous raconter... Entre le passage dans les toilettes des filles, et quand je me suis retrouvée chez Rog, tout est flou dans ma tête. Sa main droite caresse ma hanche. Je me souviens avoir beaucoup trop picolé. Ce n’est pas fréquent, il faudrait que je fasse attention quand même. Il me sourit et approche son visage du mien. J’ignore où sont les autres ?
Manon et Cristina ? Mathias, Jeremy, Quentin ? Et Vincent ... Sûrement chez sa boucle d’or rousse. Elle, je m’en souviens. Je grimace.
- Que se passe t-il, Junette ?
- Vincent. Quel enfoiré.
- N’y pense pas.
Sa main gauche effleure ma joue. Il me semble que je rougis. Et puis je lève les yeux.
- On est bien, hein ?
- Oui, on est bien.

Manon

Cristina vient de m’appeller... Un tourbillon de panique vient de s'élancer dans ma tête. Il parait que Vincent est à l’hôpital. Et je ne sais même pas où est June. J’ai essayé de l’appeler du portable de mon père, et je n’y parviens pas. Coma éthylique... Vincent est tombé dans le coma ! Lui qui tient si bien l’alcool d’habitude, que s'est-il passé ? Il parait qu’ils ont organisé un after, avec des gens rencontrés au Malibu... Vincent n’a pas tenu. Il est tombé raide, il a du en voir de toutes les couleurs, le pauvre. Je passerai le voir avec Cristina dès qu’on aura trouvé un moyen de s’y rendre (Je ne peux pas expliquer la situation à ma mère, trop risqué). Mais bon sang, où sont les autres ? Je n’ai pas les numéros des copains de Clément, et Clément est le dernier que j’aie envie d’appeler en ce moment même.



Clément

Je n’arrête pas de la regarder. Elle est si belle. Julie est le genre de fille qui vous laisse totalement sous le charme, nous, les mecs. On se sent comme imbattable et invulnérable derrière notre image de battant, de crâneur. Mais au fond... Quand on aime, on le sent vraiment, et on devient tout nigaud. J’ai toujours eu un problème pour ça. Je tombe facilement amoureux, mais quand je suis amoureux, je le suis réellement.
Je suis capable d’aimer à la folie, au point de tout lâcher pour la fille. Trop niais, trop romantique ? Peut-être. Et bien je m’assume !
Seulement voilà, je sortais avec Manon, depuis maintenant un mois et demi.
C’est assez récent, oui. Mais on s’est mis ensemble sur un coup de tête. Un jour, au cinéma, il n’y avait que des couples. Julie - Vincent, Laurine et Quentin, et bien sûr, qui restaient de célibataires ? Manon et moi. On aurait dit un complot sectique ! Vincent m’a forcé la main, il m’a dit de tenter avec Manon... On s’est très vite tenu la main pendant le film, et embrassé au moment de se dire au revoir. Mais voyez vous, je trouve cela un peu trop... Facile. Je préfère les histoires d’amour vraiment recherchées...
Exemple... Je languis depuis un moment pour obtenir la main d’une charmante demoiselle (qui me plait vraiment), et au final, elle se rend compte qu’elle éprouve la même chose que moi, bref, c’est le coup de foudre, et c’est les foux ébats d’un jeune couple promettant qui débutent. Moi j’aime ça. J’aime le concret, le sérieux, la confiance, les paroles...



Manon, je l’aime bien. Mais je ne l’aime pas comme il faut, je crois. Elle mérite quelque chose d’autre. Et je suis sûr qu’elle pense pareil de son côté. Elle agit comme si elle n’avait pas réellement d’importance à mon égard. Si je mourrai demain, serait elle malheureuse ?... (Oui, j’en viens à me poser ce genre de questions lugubres - voyez vous !). Il faut que j’arrête de réfléchir. June. ..
- Hé, Princesse. Tu t’es rendormie ?
- Je suis morte, Robert. Fous moi la paix.
J’aime quan elle fait semblant d’être agacée, ou énérvée.
- Vous êtes belle, mademoiselle.
- Mes parents m’ont dit de ne pas parler aux inconnus !...
- Oh, quel dommage. Vous êtes sûre que vous ne voulez pas monter à bord de ma mangifique Mini Cooper S (c’est sa voiture préférée).
- Oh, nan, tu triches, tu me connais en vrai !
Je rigole. Elle a perdu.
Quelqu’un tape contre ma porte. Je gueule :
- OUAIS, quoi ?
C’est Mathias. Pourquoi vient-il nous faire chier ?
- Bonjour les tourteraux, c’est le matin, il fait beau, le soleil brille...
- Abrège, s’il te plait. (Ce n’est pas moi qui l’ai dit, AH, merci Junette).
- Bon, on se casse avec Quentin, mon frère vient nous chercher. On remet ça samedi prochain ?
- Te casse, je lance, on aura le temps d’adviser dans la semaine au bahut.
- OK mec ! Merci pour cette nuit en tout cas. Mathias referme la porte et siffle. Toujours heureux, ce gars là. Grand gaillard aux bouclettes d’ange et au regard perçant...
- Pas de quoi, répondis-je, un peu tard...
Enfin seuls. Mes parents et leurs morpions ne sont pas là, ils ne rentrent que ce soir d’ Aix en provence. Ah, quelle chance.
- June ?
- Oui, quoi ? (J’aime sa voix).
- Non, rien.
Mais qu’est-ce que j’ai ? À quoi je sers, vraiment ?... Je ne suis plus sûr de rien...
Elle rigole.
- Pertinent. (Une de ses phrases favorites !)
Le téléphone vibre. Encore ? Cette fois-ci, elle y va. Ne répond pas.
- Qui c’est ?... m’enquis-je.
- Oh, rien, t’inquiète.
Elle me fait un câlin. J’adore. Je lui fais des bisous.
On reste environ un quart d’heure collés l’un à l’autre , comme ça. C’est tellement bon.

Cristina

J’ai attrapé mon iPhone en vitesse.
- Allô, Jordan ?
- Cristina ...
- J’ai besoin d’un service...” (j’y vais direct)...
- Ça m’aurait étonné ! Sinon, pourquoi m’aurais tu appelé...
- Excuse moi... Tu vas bien ?
- On fait aller. Qu’est-ce que tu veux ?
- J’ai un ami à l’hôpital...
Tout ce que j’avais à faire, c’est émouvoir Jordan de mon malheur, non ? Jordan est mon ex-petit ami, et il a vingt cinq ans. C’est un mec bien.
- “Je passe te prendre à quelle heure ?” demande t-il.
Ça a marché ! Déjà ? Ç’a été plus rapide que ce que j’imaginais... Jordan est un type attentionné, et il se doit de me rendre service, car il m’a aimé comme un fou, et au fond, je crois qu’il m’aime encore un peu. Je demande à Manon de passer me rejoindre chez moi dans l’heure qui suit. Sa voix semble troublée au téléphone...
- “ Je n’arrive pas à joindre Julie, je m’inquiète” me dit-elle. Je me permet de lui reprocher sèchement :
- Écoute, Vincent et le copain de Julie, non ? Si elle s’intéresse un minimum à lui, malgré ce qu’il s’est passé hier, elle devrait être la première au courant et en ce moment elle est sûrement déjà à la clinique à son chevet, alors arrête de stresser pour rien, OK ? “
Silence. Au fond de moi, je sais très bien que j’ai tort. En ce moment, Julie est chez “son Roger”, le petit ami de MANON. Quel gâchis. Et pauvre Manon...
Vers 10h30, Jordan passe nous prendre Manon et moi, et nous dépose à la clinique Saint Jean.


On nous indique la chambre de Vincent en précisant de ne pas rester plus d’un quart d’heure.Dans les couloirs bleus et blanc qui puent la biceptine, on croise Monsieur et Madame Duchamps, les parents de Vincent. Ils ne nous saluent même pas, Madame Duchamps se contente de me dévisager totalement. Ils pensent qu’on est dans le coup, forcément. Quand on fait un coma éthylique en soirée, on est plusieurs à s’être motivé pour boire, et donc il y a plusieurs responsables... Je me sens trop mal à l’aise. On y est pour rien, nous. Si seulement je croisais la peste qu’il s’est tapé hier soir et ses potes, je leur atomiserai la face (sérieusement !). On toque à la chambre 412.


C’est un visage inconnu qui nous ouvre.
- “ Heu, salut. Vous venez voir Vincent ?...
C’est un garçon brun et typé, surement maghrébin, 20 ans environ.
- À ton avis, si on frappe à cette porte, on vient voir ma grand mère tu crois ?... “
Jordan nous a suivi, je n’avais même pas vu.. Le vent qu’il lui a mis... Le mec a l’air gêné... J’en veux un peu à Jordan d’avoir rappliqué ainsi, il n’a jamais vu Vincent, il n’a aucune affinité avec lui ! En appellant Jordan, j’avais juste besoin d’une voiture...
“ - Nous sommes des amis de Vincent, lance timidement Manon. Est-ce qu’on peut entrer ?
- Évidement, je vous en prie. “
Le mec n’est pas vexé. Classe, politesse, diplomatie. Il a l’air plutôt sympa.
Vincent est endormi sur le lit d’hôpital, un masque à respiration artificielle collé au nez. Il est torse-nu, et les cheveux ébouriffés. Il est plutôt mignon, d’ailleurs. Trois chaises sont à notre disposition. Il n’y avait que le jeune typé dans la salle. Pas de trace de Julie. Manon et moi on s’assoit, et puis Manon, elle se met à pleurer. Trop émotive, chérie.
Jordan reste debout, et il fixe Vincent. Je le regard, d’un air intterogateur. Il questionne :
- “Qu’est-ce qu’il s’est passé exactement ? “
Il s’est adressé à nous tous, et c’est drôle, parce que le mec dont on ignore le prénom s’est soudainement senti concerné.





June

Combien de temps est-ce que ça a duré ? Dix minutes ? Trois heures ?
La jeunesse, c’ est une conception inscousciante et totalement vulnérable. (Dixit, mon père). Des fois, je me rend compte qu’il a peut-être raison. Ma mère a apellé, le vibreur m’a fait sursauté. Clément avait une main sur mes fesses, on était liés, comme deux siamois. J’ai répondu, quand ma mère appelle, je répond toujours. (Ou presque)
- “Ma chérie, il s’est passé quelque chose de grave, où es tu ?... “ La dernière mauvaise nouvelle que Maman m’a annoncé avait été la pire de toutes. Je me suis redressé. Clément a froncé les sourcils.
- “ Que... Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
- Mais... Tu n’es pas au courant ? Enf...in, Jul.. Hier, tu... ent ? Le réseau passe mal, je ne comprend rien.
- Mais, qu’est-ce qu’il s’est passé ?! Je n’entend rien, Maman !
- Je passe te prendre en voiture, où es tu ?
- ...
- Es où ? ...ie, où es tu ?
- Chez Clément, je répond.
Silence.
- Maman ?
- Je passe te prendre.
Elle a raccroché.
Je me tourne vers Clém, et je me sens... toute retournée. Plus envie de rien faire, je suis dans la totale inconscience, et je n’ai pas la moindre idée de ce qu’il se passe.
- Qu’est-ce qu’il y a ? Qui c’était ? me demande Rob.
- Ma mère.
Il ne s’inquiète pas, il n’a pas entendu le dialogue.
- Et alors, qu’est-ce qu’elle voulait... Tu dois rentrer ? “
Là dessus, je me lève, et récupère mes affaires. Je n’ai pas envie de discuter, il se passe quelque chose de grave, et il faut absolument que je descende, ma mère ne va pas tarder à arriver. Je me rhabille en vitesse.



- Mais... Il y a un problème ? June...
- Je suis désolée Roger. Moi même, je ne le sais pas vraiment. “
Là dessus, mon portable revibre. Un texto de Maman. “Je suis en bas de l’immeuble de Clément. Descendez tous les deux, si les parents de Clément le veulent bien. Dites leur qu’on se rend à l’hôpital Saint Jean”.
Clément s’exlame :
- “Mais que se passe t-il ?” Il s’empresse de s’habiller à son tour. Et moi je réfléchie. J’ai l’impression que mon cerveau est en ébullition, et que mon coeur va éclater.
C’est quoi ce bordel ?!
On descend Rog et moi, et Maman ne dit pas un mot de toute la route. Je n’ose pas lui parler, Rog non plus. Arrivés devant l’hôpital Saint Jean, je me tourne précipitament , en panique totale:
“ - Maman, qui est ce qu’on va voir à l’hôpital, bon sang ? Dis moi...”
Elle lève le frein à main. Et me regarde.


“ - C’est Vincent.”

Pourquoi la Terre s’est soudainement écroulée sous mes pieds ?
Est-ce que je suis encore en vie ?...




A suivre...

mercredi 26 mai 2010

Tendances (et accoutumances...)

Et hop, premier extrait de mon roman x)
PEACE (yn)


Synopsis:
Naïveté précaire de l'adolescence mise au grand jour...
"Un jour petit, tu sauras..." Finir sur un lit d'hôpital branché à un fil 24h/24
n'est pas une réelle réjouissance, psychologiquement parlant...On n'en sort pas indemne,
c'est une vérité générale. À toi de voir... Tu veux goûter... Tu subiras. Bonne route vers l'infini!


Tout public.

Concernés :
Jeunes


TENDANCES

et accoutumances

{ written by Isa® }

1


CHAPTER 1 : requiem for peace.
Where we’ll learn the youth blithely but also its spirit of solidarity and first responsabilities ...



June


Déjà cette odeur de gerbe qui me tord l’estomac, ensuite le flot de bière qui se verse peu à peu sur ma tête sans que je ne me manifeste pour autant, et Vincent qui gueule à tout va : “Santéééééééé, encore, et encore !!”... Il est déchiré Vincent. Moi ça va. J’arrive encore à distinguer des formes... Enfin, je crois. Mais c’est quoi cette musique de sauvage ? Manon me parle. Non, elle crie. Elle me demande de l’accompagner aux chiottes.
“Pas que ça à foutre, tu sais très bien t’essuyer la chatte toute seule, non ?”
D’un seul coup, je me sens chavirer. Mais je suis consciente. Je m’appelle Fraise, j’habite au pays des petits poneys arc-en-ciel, vous savez, la nouvelle gamme, ceux qui font des bulles à la barbe à papa (c’est géant).
À l’évidence, je ne suis pas très bien... Il me semble que je suis assise par terre, un verre de champagne à la main. Qui a osé me faire boire ce soir ? Et qui m’a emené en boîte ? Je n’ai que huit ans après tout, je suis une gamine.
- “Juuuune, réveille toi, bordel !! Qu’est-ce que tu fous couchée, c’est crade !”
Je sens comme si je m’envolais. On dirait que quelqu’un m’a attrapé le col. Là, je vois la gueule d’un petit chien baveux (un yorkshire, précisément), autour de la quelle une colonie de papillons mauves batifolent, en même temps... Je crois que je délire.
“Et merde !” Un cri strident retentit.
J’ai du gerber sur les godasses de Cendrillon. Fallait pas me relever d’un seul coup, je suis fragile, j’ai pas encore quinze ans moi. (Sérieusement, quel âge j’ai ? J’ai l’impression de ne plus rien savoir de ma vie !) Cristina part en courant rejoindre Manon dans les toilettes. Cristina, Cendrillon, c’est pareil. C’est celle qui pense plus qu’à ses escarpins, que je viens de repeindre.
“Ça va aller June ?” Ah, celui qui m’appelle June, c’est Roger. Enfin, Clément quoi.
J’ai l’impression qu’on me pisse dessus, mais non, Clément me lance des pichnettes d’eau sur la tronche en piochant dans son gobelet en plastique qu’il a eu gratuitement au bar de la boite. J’ai même droit à un sopalin pour m’essuyer la bouche, quelle chance. Apparement, j’ai fait pas mal de de dégats, et les mecs de la sécus s’approchent. J’entend vaguement.
“On veut pas d’emmerdes ce soir s’il vous plait, alors vous ramassez la merde que vous nous avez laissé sur le plancher, et vous ramenez sagement votre p’tite copine dans son lit ! Allez, dégagez !”
Oui, oui, on est sage, on dégarpille. Mille excuses.
“Arrêtez la musique, et on s’en va”, je gueule.




”Mais qui c’est qui ramène June ?” C’est Clément qui demande. Putain, où est Vincent?... Vincent à à quelques mètres plus loin, il partage une chouette soupe de langues avec une rousse siliconée, et lui modèle le cul façon pâte à sel.
“Vincent, merde ! Ramène Julie, elle est pas bien!”
Julie, c’est mon vrai prénom. June, c’est mon surnom. Et j’ai 18 ans. Tout me revient. Vincent ignore total. Quel snobeur. Je suis sensée sortir avec lui. Mais ce soir il préfère Barbie poils-de-carotte. Clément se dévoue.
“C’est bon, j’la ramène, j’ai ma caisse pas loin non plus. Quelqu’un va me chercher ma Manon ? Je crois qu’elle est aux toilettes”.
Ah, depuis quand mon Roger sort avec Manon ? Manon est ma meilleure amie....
Un des potes à Clément se dirige vers les toilettes, mais n’arrive pas à la porte d’entrée de la boite. Il est bouré, et il s’est cassé la gueule. Je me pisse de rire, le moindre truc me fait rire, effet hilarant d’une dose un peu exagérée de gnole, et voilà... Je m’étale par terre. (Une fois de plus).
Alors là, Roger se transforme en Prince charmant, il me prend dans ses bras, je m’aggripe tant bien que mal à sa chemise mytho Ralph Lauren, et on rente dans la boite.
“Mais putain, mais, arrêtez cette musique quoi !” je m’obstine.Ça résonne dans mes tempes et c’est affreux. On parvient jusqu’aux chiottes sans trop de bobos.
Entrée fracassante dans les toilettes des filles. Et là, c’est le drame.
CRISTINA, alias CENDRILLON, et MANON, alias, RIEN DU TOUT... sont en train de se rouler des pelles, les mains entre les cuisses, et l’air bien excitées toutes les deux.
Que c’est mignon ! Je me met à rire, et je pleure en même temps. J’ai trop mal au crâne.
L’air de Clément n’est pas le même. Que ce soit avec un mec, une baleine ou même un caniche, il ne supporte pas que Manon aille voir ailleurs, apparement.
Mais là....Manon repousse violement Cristina qui manque de basculer (dur dur, avec les pieds dressés à 50 cm du sol...) La folle se rattrape au lavabo, sa copine bégaye:
“ Clém... Je suis déchirée, il faut qu’on rentre, tu crois pas ?


- Si tu étais réellement bourrée, tu me parlerais pas aussi clairement, sale lesbienne ! “
Mon Roger est énérvé ! J’aggripe son visage entre mes deux mains et m’apprete à l’embrasser.
- “Eh mon grand , t’as de beaux yeux tu sais... Je me met à chanter. Papa...Paparazzi !
- Arrête June, c’est pas le moment ! ...
- Pourquoi est-ce que tu tiens Julie dans tes bras ? questionne Manon, qui ne sait plus où se mettre. (Je crois qu’elle a les yeux embués de larmes, trop sensible, cette courge).
- Ça t’pose un problème ? Contente toi de ramasser ta petite chatte, elle est blessée.”
J’avais pas remarqué : Cendrillon voit du rouge. Elle s’est cognée contre le lavabo ?
Pauvre cloche ! ... Je me met à rire, et je ne peux plus m’arrêter. Je rigole comme une chouette, sans vraiment savoir pourquoi. Je m’agrippe aux épaules de Roger pour ne pas tomber, et je pleure de rire. Je chiale, sans déconner, je ne suis pas nette du tout. C’est là que Roger me lache, et qu’il murmure “Quelle conne celle-là”, SI, JE T’AI ENTENDU !
Manon pleure. Pourquoi elle pleure encore ? Elle rigolait aussi ? Cendrillon est à plat, et elle se plaint, la chochotte, elle a mal à la tête, oh my god... Clément va la voir après m’avoir lâché, pff !
Je tombe dans les vapes et je sens le mur qui me tombe sur le crâne. OuaÏe.

Là je m’endors. Rideau.

Cristina

Qui a eut l’idée de sortir cette nuit ? Pour une fois, ce n’était pas moi. D’habitude, je suis toujours la première à m’agiter et à enthousiasmer les autres pour sortir, le vendredi, le samedi, et puis même en semaine. Cette soirée au Malibu s’est plutôt bien passée, enfin, le début. Après, ça a très vite dérapé. Tous les potes de Clément ont fini au tapis. Et ce n’était pas les pires. Non, le pire, c’était l’autre gamine, June. Ce qu’elle tient mal l’alcool ! Il n’y a que Manon et moi et étions véritablement sobres. Et pourtant nous sommes des filles, je suis fière ! Ce matin on m’appelle,
- “Cristina, c’est Eliott, tu te souviens, tu m’as passé ton numéro hier en boîte ?”
Moment de solitude. Merde. Eliott ? Aucun souvenir, aucune tête ne me revient. Étais-je vraiment nette hier soir ? Je ne passe jamais mon numéro d’habitude... Oh non...
- “Ho, bien sûr. Eliott, comment vas tu ?.. C’est gentil de rappeller... Heum. (Je fais genre, il vaut mieux ne pas le vexer, ça se trouve il était beau, et j’ai mal vu dans l’obscurité);
- Tu vas bien, ? Tu n’as pas trop bu hier ? Parce que tu comprends, je voulais me rassurer... Si tu étais bien OK avec tes actes... Saches que moi, oui, et d’ailleurs...
- Quoi ? D’ailleurs quoi ?...
- Eh bien, j’ai apprécié. “
Quoi ? Mais de quoi il parle ? Il délire là ! Je n’ai pas donné mon numéro hier soir, je m’en souviens.... Je ne suis pas folle...
- “Tu veux qu’on se revoit ? Afin de .. faire plus ample connaissance, si tu vois c’que j’veux dire...?”

Et là, j’entend des rires. C’est bon, sale con ! C’est Quentin je suppose. Tu ne m’auras pas comme ça. Je raccroche.
Pffffff, j’ai quand même la tête aussi énorme qu’une mongolfière, mais une mongolfière qui se dégonfle, si vous voyez le genre ? Je ne pense à rien, et me sens toute ramollie.
Je n’ai dormis que 2h, chez Manon. La pauvre. À cause de moi, son mec l’a plaqué.
Pourtant, on a pas fait grand chose, j’ai déjà fait pire que d’embrasser une meuf et de la caresser... Pfff. Je l’aime bien Manon. Elle est mignonne, petite Miss yeux verts et cheveux châtains. Mais je suis entièrement hétérosexuelle, ne commencez pas à croire des trucs ! On faisait ça que pour déconner, pour le fun quoi. Il nous a pris pour qui, Clément ? Il est trop stupide, sérieux. Elle devrait s’attaquer à plus haut Manon, elle a de l’ambition, elle est bien foutue... Moi si j’avais son corps... J’aurais perdu ma virginité à l’âge de 9 ans ! Je suis grande pour mes 19 printemps. 1 m 71 ; cheveux bruns, yeux bleus, visage fin, lèvres fines, je suis fine, en soi. Trop fine. (Les antécédents niveau régime alimentaire ne concernent que moi, ne posez pas de questions merci).
85 bonnet C, ce n’est vraiment pas assez. J’ai de quoi me plaindre croyez moi.
Oh, ne vous en faites pas pour moi, je vis bien. Mes parents sont assez aisés ! (Ce n’est pas le même cas pour Manon, oh mon dieu, je fuguerais, si je vivais dans un HLM comme ses parents... mais ils sont gentils ses parents, si si). Ma chambre et ma salle de bain font la taille du salon, de la salle à manger et de la cuisine de chez Manon. Mais c’est mignon chez Manon. Chez moi, il y a une grande véranda, et un jardin avec une piscine et un grand potager (le jardinier est un gros connard entre parenthèses). Chez Manon, il y a le balcon (avec quelques géraniums que cultivent Mme Rebault), et la résidence des Côteaux Bleus. Les Côteaux Gris, ouais. Pauvre Manon... Elle mérite bien mieux. Cette nuit j’ai dormis (ou pas) bien serrée contre elle, et je lui ai chuchoté à l’oreille : “Tu es une fille bien, Manon, tu iras loin”. À ma grande surprise, elle s’est retournée. (Je croyais qu’elle dormait). Et elle m’a embrassé. Sur la bouche. Pensez vous que notre petite aventure délireuse dans les toilettes du Malibu lui a plu ? Je n’éspère pas. En même temps j’en serai heureuse, ça prouverait que je sais satisfaire autre chose qu’un mec aux idées tordues... Mais bon, ça fait bizarre quand même.
Vous trouvez pas ? Merde, j’y pense. Arrvée chez Manon, j’ai enlevé mes escarpins Chanel. (Cette éspèce de conne, Julie, avait gerbé dessus après ses 4 verres de Cahmpomy), et j’ai oublié mes chaussures dans la salle de bain de chez Manon...
Il est que 7h. (Ma mère est venue me rechercher chez Manon en même temps qu’elle allait au boulot, so, very early !) Je vais roupiller, je tiens plus debout.

Clément

Je ne pensais plus à rien, c’est toujours comme ça, après les soirées. J’étais dans mon lit, et Julie dormait, à côté de moi. (Le canapé était pris par Mathias et Quentin - qui s’étaient incrusté chez moi), Je sentais le souffle chaux de June caresser mon visage. Elle était belle, ma petite June. Toute la soirée, elle m’a appelé “son petit Roger”. C’est idiot, mais j’ai commencé à aimer ce surnom. C’est le nom de mon arrière grand père, mort il y a trois mois, y a t-il un rapport ?

June se réveille. Ce qu’elle est belle.
- “Vinc... Hé, je suis où....” Elle rabat sa mèche blonde en léchant son visage de sa main gauche.
- Hé, June.
- Rog’ ?
- C’est moi qui t’ai récupéré, Darling.
- Et les autres...
- Peu importe. Là, c’est toi. Comment tu te sens ?”
Elle ne répond pas. Elle me sourit. Ce qu’elle est belle. Nous nous sommes rapproché.
Dans l’histoire, pour moi, c’est fini avec Manon. Elle se fout de ma gueule, et puis, dans tous les cas, je l’empoisonnais. Ses parents sont trop autoritaires, ils râlaient quand je l’appelais, car elle était sensée faire ses devoirs, prendre sa douche... Donc je ne l’appellais plus. Ils n’aimaient pas quand je l’invitais dormir à la maison... Elle n’y a dormis qu’une fois, et toute la soirée ça a été : “Mes parents ne sont pas au courant que je suis chez toi, mon dieu, j’ai jamais dormis chez un copain à moi, met toi à ma place, je stresse”... Au final, on ne se parlait plus vraiment... Et moi qui croyais que notre relation pourrait nous mener quelque part. Je suis trop con. Et June, elle ? Est ce qu’elle aime cet abruti de Vincent ? (Au fait, Vincent est mon ex meilleur ami...) Mais aujourd’hui... Vincent est toujours là, à fantasmer sur tout ce qui est gros cul et seins surdimensionnés. C’est pas un mec pour June. Ma petite princesse, June... Elle vient de me prendre la main. Je frissone. Je ne suis pas allongé, moi, je me suis accoudé sur le matelas, et je la regarde. Elle ferme les yeux. Elle sourit. Elle sourit toujours. Ce qu’elle est belle.


Le téléphone vibre. Il est 07h22. Qui c’est ?... Ah, ce n’est pas mon portable, le mien n’a plus de batterie. Je regarde June.
- “Laisse... c’est sûrement ma mère.
- À 7 h ? Elle se doute que tu es à une soirée, elle te laisserait reprendre un peu, on est dimanche.
- Hé bien laisse quand même, c’est pas important.” Elle râle, et moi ça m’inquiète.
Je prend le portable, qui était sur la moquette dans la poche de son jean, imbibé de bière. L’écran est humide. Mais je vois s’afficher : “1 appel en absence”, j’appuie sur la touche centrale pour avoir le détail. “Jean Christophe” Pas vraiment actuel comme nom. Enfin, c’est plus un nom pour un mec ayant passé la quarantaine quoi... Je ne pose pas de question. C’est peut-être un oncle, ou un grand cousin... La famille de June est immense. Je me recouche auprès d’elle. On est bien tous les deux. Je me colle contre son corps chaud. Je l’enlace, mais très tendrement, je tiens à la protéger, ma petite poupée chérie. Ce qu’on est bien ensemble. Ce qu’elle est belle. Nous nous endormons sur un rythme régulier, comme deux enfants. Deux grands enfants de dix huit ans.


Manon

Cette soirée a été un désastre. Je m’en veux tellement ! ...
Heureusement que Cristina est là pour me réconforter... On est toutes les deux fautives dans l’histoire, mais je suis bien avec elle. Je pense que Maman ne l’apprécie pas autant que moi... Quand elle est partie, ce matin très tôt, Maman a trouvé ses escarpins, qu’elle avait oublié dans notre salle de bain.
- “C’est ta copine qui porte ces horreurs là, rassure moi ? m’a t-elle lancé.
- Oh, elle les a oublié. Il faudra que je les lui rapporte !
- Eh bien, plus jamais ce genre de choses à la maison, ma chérie, c’est vraiment... vulgaire.. J’éspère qu’elle ne t’influencera pas, ce n’est pas ton genre de fréquentations..”



Le rouge m’est monté aux joues. Comment osait-elle ? Elle se permet de critiquer mes amies, à présent ! Elle me saoule, vraiment ! Le week end prochain, Cristi m’invite à dormir chez elle. On pourra faire les folles, et fumer quelques pét. Ça me fera le plus grand bien. Aujourd’hui, je vais dormir toute la journée. Papa veut me forcer à aller à la messe, mais je n’ai vraiment pas la foi. Je mime d’être malade. Ma soeur Agathe, rencherit :
- “ Toi, tu t’es pris une cuite, je le lis dans tes yeux. “
Je n’ai rien bu hier (ou presque).
- “Oh toi ça va, hein. Occupe toi de tes samedis soirs à toi !”
Ma mère :
- “Comment ça ? Tu as bu hier soir ? Tu n’étais à la soirée film de Johanna ?”
(Je mens à ma mère. Johanna n’existe pas. Au moins, pas de questions aux “parents” !).
- “Mais si, Maman ! Si j’ai les yeux fatigués, c’est parce qu’on s’est fait les 4 premiers Harry Potter d’un coup, tu comprends ? On a dormi que 2h ce matin en rentrant avec Cristina ! ... Je manque de sommeil, voilà tout”
(Je détèste Harry Potter).
“ - Mouais, mouais.” Ma soeur me fait une sorte de grimace.
Seule Agathe, se doute de ma supercherie. Elle a deux ans de plus que moi, elle connait Papa et Maman aussi bien (voire mieux) que moi, et a certainement du faire face aux problèmes rencontrés pour sortir, tout comme moi...
Ma vie n’est pas facile... J’attrape mon oreiller, et j’écoute une musique calme, j’essaie d’apaiser mes pensées qui me font tourner la tête, vraiment...



A suivre...