You're welcome... Unfortunately!

PASSION INVADES MY HEART BABY, IT'S SO GOOD.

















mardi 8 juin 2010

Annonce

Actuellement en période d'examen,
momentanément absente pour
la publication de mon texte !

À bientôt,
rendez vous en juillet :)

jeudi 3 juin 2010

Tendances
& accoutumances
la suite....


CHAPTER 2 : life behind clouds...

Where we’ll learn life isn’t always pink and we have to overcome many trials...





Ali

Quel temps de merde ! J’arrive à la station Châtelet, trempé de la tête jusqu’aux pieds. Bzzzz bzzzz. Ma poche vibre, sûrement un texto de Julian.
“ T ou frère ?” Et ouais. La routine d’un lundi matin en direction du bahut. Je retrouve Ahmed et Julian devant l’arrêt du métro.
- “Oh, frère, on t’a mis au courant ?” m’aborde directement Julian après m’avoir salué, avec une petite grimace au coin de la lèvre.
Là, mon cerveau entre en ébullition. Au courant de quoi ? Pitié qu’il n’annonce pas : Ya eu un mort... Non, tout mais pas ça.
- “De ... De quoi ? je m’enquis.
- Bah, contrôle de maths quoi !”
Mon rythme cardiaque se stabilise illico... OUF.
- “Ah... Nan. Mais je m’en fous je sèche, je souffle...
- Vas-y mais tu sèches tout le temps en ce moment mec, abusé, arrête tes conneries !
- Fous moi la paix mon frère, ça m’a soulé les cours, j’y peux rien t’sais !
- Ouais, et le bac t’sais ? Et ta mère elle dit quoi ta mère ? Tu vas encore te faire niquer!”
Je boue intérieurement. J’ai envie de répondre à Julian que ma mère est actuellement occupée à faire le tapin pour nous permettre de vivre dans ce maudit taudis boulevard Vitreuil, cloîtré dans un HLM qui pue la pisse, réputé pour ses “dealers qui offrent une barrette contre une baise” dans les sous-sols. Sympa non ? Donc ma mère n’a pas vraiment le temps de se préoccuper des études de son fils, non ! Ahmed est le seul au courant de ma situation. C’est un mec en or, Ahmed.
- “Bon allez c’est bon lâche le, Ju’. On y va là, on va être en retard les gars, allez...”

Il fait vraiment trop moche. Et je crois que mon esprit a la même couleur que le ciel...
Pourquoi tout est si sombre, depuis samedi dernier ? Pourquoi, putain...


Clément

“Waoooh, Clém, ta nouvelle veste oh salope, comment elle est trop magnifique !”
“Clément !!!! Ça va ? Pourquoi t’étais pas là lundi ? Oh, qu’est ce qui y’a mec ?”
“Clément ? Wouhouu, tu nous entends ? Vas y t’es pas drôle ! On s’casse t’sais”
“Oh, Clém ? C’est moi, Emma.. Mais réponds putain, tu fais exprès ?
HÉ ?!!
T’es dans le coma là ou quoi ?”
- Mais fermez là bordel... !!! Lâchez moi là !” Est ce moi qui ai dit ça ? Je crois bien...
- Mais vas y qu’est ce que t’as, pourquoi tu nous agresses ? Sympa le pote.
- Ouais, franchement Clém, abusé, pourquoi tu fais la gueule ?
- Je fais pas la gueule, je réponds sobrement.
- Ouais ouais... (Ça c’est Gwen...)
- Oh mais qu’est ce que t’as Clém...? On dirait y’a eu un mort là !”
Silence complet. Mes yeux s’embuent de larmes. Ils sont vraiment trop cons. Tous autant qu’ils sont. Où sont mes vrais amis ? Où est ce qu’ils sont bon sang ?
Et puis moi, qu’est ce que je fous ici ? J’ai plus rien à faire au bahut ! June a quitté le lycée, elle m’a dit qu’elle se sentait plus, Cristina va continuer les cours par correspondance... En fait, seule Manon vient encore... Manon... Ce matin elle m’a lancé un de ces regards... Le genre de regard qui vous fait grave flipper, et qui vous font encore plus vous sentir coupable, vous voyez le genre ? J’ai pas fait grand chose, et pourtant, j’ai tout foutu en l’air. J’ai les mains tâchées de sang, et je n’arrive plus à avancer ! C’est pitoyable. C’est ça, une dépression ? Je suis peut être malade après tout. Mon père, c’est le seul à s’en être aperçu. Seulement il a foiré, au moment où il en a parlé à Maman. “Chéri, Clément ne va pas bien” “Que se passe t-il mon fils ?” Je n’ai pas répondu. Je n’avais pas envie de parler voilà tout. Ma mère ne l’a pas compris et s’est obstiné à me demander ce qui n’allait pas. Elle a voulu m’approcher en m’embrasser sur la joue, et... C’est là que je l’ai frappé.
Oui, j’ai frappé ma mère... Pourquoi ? je ne sais pas trop. Depuis, je suis considéré comme fou et mes parents veulent m’amener voir le psy. C’est gai. L’ambiance à la maison est chaotique, je n’ai plus du tout envie d’y retourner, d’autant plus que mon grand frère s’est barré le mois dernier pour l’Armée de l’air, alors je vous dis pas... Je ne me sens plus à ma place nulle part ... Des envies suicidaires me collent à la peau, c’est malheureux, mais je trouve pas que ce monde ait réellement voulu m’ouvrir les bras.
Expliquez moi, je vous en prie... Hier j’étais un mec heureux, toujours le sourire aux lèvres, j’avais une copine, je m’entendais bien avec ma famille, et je préparais mon bac tout en profitant de mes potes... Aujourd’hui j’ai perdu tout goût de vivre, je m’isole totalement, je n’ai plus envie de parler à personne, et je commence à boire chaque soir en m’enfermant dans ma chambre. Vincent, qu’est-ce que je dois faire ? Dis moi...

Estelle

Et voilà. Aujourd’hui, j’ai huit ans ! Joyeux anniversaire Estelle ! Je suis contente.
Mais au fond je suis quand même triste. C’est vrai, je devais fêter mon anniversaire, mais finalement... Je ne sais pas si je pourrai. En fait, c’est mon frère qui m’avait promis qu’on irait à Arizona Land avec Papa et Maman le dimanche qui suivait mon anniversaire. Mais ça fait longtemps que j’ai pas vu mon frère ! En fait, je dois attendre son retour. Samedi il est parti. Mais Maman m’a dit qu’il allait bientôt revenir ! Alors j’attends, mais vous savez, je suis pas très patiente ! Alors, Vincent dépêche toi ! J’ai hâte de te retrouver !

Ta petite soeur qui t’aime plus fort que tout.






June
- “T’en veux une ?”
Max me tend une clope. Au point où j’en suis, je n’ai même pas l’audace de refuser.
- “Merci.” La flamme du briquet vient lécher l’embout de ma cigarette. J’aspire et la fumée vient imbiber mes poumons frais. Je crache lentement, l’air imperturbable.
Et puis je regarde le ciel... Et je vois des trucs pas très net dans les nuages... Comme des tâches violettes.
- “T’es perdue Julie ?
- Hein ?
- Qu’est-ce que tu regardes ?
- Les nuages.
- Hm hm ? Et qu’est ce qu’ils ont de particulier, les nuages ?
- Et bien... C’est flou. On ne sait pas trop ce qu’ils veulent dire, mais c’est comme s’ils souhaitaient parler, communiquer quelque chose, tu vois ? Ils sont là, dominant le monde, et ils ont l’air de tout savoir.” J’aspirais à nouveau une bouffée de tabac. “Mais bon, je me trompe peut-être... Dis, tu crois aux esprits toi ?” Je ne laissais pas à Max le temps de répondre. “Non parce que, s’ils existaient réellement, qui dit qu’ils ne se cacheraient pas derrière les nuages afin de nous observer et voir comment se poursuit la vie sans eux ? Qu’est ce que t’en penses ? Mais en même temps, c’est étrange... Oui, les esprits, ils sont sensés être bons ou mauvais ? Car s’ils se cachent derrière ces épais nuages noirs, et bien moi je trouve qu’ils nous brouillent l’horizon et qu’ils nous prive de la lumière, comme pour nous punir d’une grosse bêtise qu’on aurait commis, t’es pas d’accord ? Les nuages sont en fait une sorte de pénitenciers... Pour tout le mal qu’on a fait.
Max m’écoutait avec beaucoup d’attention, mais je sentais dans son regard une sorte d’appréhension.
- “Hm, peut-être.
- C’est tout ce que tu as a dire ? Tu penses pas toi, de toutes façons ?
- Bah, heu, comment dire ... Ça m’arrive pas souvent de réfléchir à ce genre de trucs, c’est vrai...
- Ouais, tu me prends pour une folle...
- Oui... Heu mais non ! Qu’est-ce que tu dis ! Pas du tout...
- C’est bon j’ai compris.”
J’attrapais la lanière de mon sac à main et quittait le bord de fenêtre où nous nous étions installés un quart d’heure auparavant, Max et moi. Maxence. C’est un voisin. Il a un an de moins que moi, mais je m’entends bien avec lui. Enfin, je m’entendais. En ce moment, j’ai l’impression de créer des tensions partout autour de moi... Mais ce n’est pas voulu ! Je m’enfuyais du côté de chez JC à petites foulées. J’entendais Max me retenir en appelant mon nom, mais pas une fois je ne me retourna.
JC habitait à quelques pas, et je n’avais plus personne à qui parlait... À lui, je parvennais à me confier plus facilement... Il avait un certain âge (vingt cinq de plus que moi), mais l’âge m’importait peu, je m’entendais bien avec lui.
C’est marrant, au moment où j’écrasais ma cigarette sur le bord d’un trottoir, et que je levais à nouveau les yeux au ciel, une éclaircie apparut. Et dans ma tête, inconsciemment, je me dis :
- “Bonjour mon coeur...”

Manon

J’allais rentrer chez moi, quand ma mère m’appela.
- “Comment ça va ma chérie ? Où est ce que tu es ?” Ce que je détestait ça. Depuis quelques jours, ma mère était toujours derrière mon dos, à me demander “et comment ci, et comment ça”... Elle avait tenté de m’expliquer : “Tu vis quelque chose de difficile en ce moment, et tu sais bien que nous sommes tous là pour toi ma chérie... hein, tu le sais ?” Bordel, si tu évitais de me le rappeler sans cesses, ce serait peut-être plus facile, non ?
- “J’arrive là.
- Bon, je t’attends. Ton père n’est pas encore rentré de son atelier, on pourra aller faire un peu de shopping entre nanas, ça te dis ?”
Elle le fait exprès ou quoi ? Ma mère ne me demande jamais de faire du shopping habituellement. Je suis totalement dégoûtée, et j’hésite à rentrer, ou plutôt aller voir mon père à son atelier... Il habite vers chez Julie, comme ça, je pourrai passer la voir dans la foulée. Ouais, je vais faire ça, c’est bien mieux. Que dire à ma mère ? Mentir ? Non, cette fois, j’opte pour lui cracher la vérité :
- “C’est bien gentil, mais... J’ai mieux à faire. A plus.”
Hm, c’était un peu cru... Je me suis empressée de raccrocher, et je me postais à l’arrêt de bus de Baudelaire. Là, surprise... Je rencontrais un visage assez familier...
Cheveux courts, roux, jolie peau, visage pâle, yeux gris-bleus... Mais... Oh putain.
La fille du Malibu... C’était elle, obligé ! Avec son décoleté assez exagéré, il n’y avait aucun doute possible... Elle était adossée contre le poteau de l’abri-bus... En fait, elle dut se sentit observée car elle tourna subitement son regard vers le mien... Aucune réaction. Elle n’avait pas du me remarquer à la soirée... Que faire ?...
Vas y Manon, va lui parler... Allez... Mais non. La timidité et l’angoisse m’avaient paralysé, et je ne parlais pas aux meurtrières. Meurtrière ?... J’y allais peut-être un peu fort... N’empêche que... Si cette meuf n’avait pas existé... Oh putain... Je serre les dents, les poings, j’ai envie d’aller me placer en face, de lui cracher à la gueule et d’emplâtrer sa sale tête contre la vitre de l’abri-bus... Mais... Le car arrive... Pitié qu’elle ne prenne pas le même que moi. Je réajuste ma frange, et me rend compte que j’ai transpiré. La rousse ne bouge pas d’un poil. En passant devant elle pour monter dans le bus, je m’arrête une fraction de seconde, et la regarde, droit dans les yeux... Elle se sent dévisagée... Elle déglutit (je fais si peur que ça ?).
- “Qu’est ce qu’il y a ? me tente t-elle. Je m’empresse de répondre :
- Emily, hein. Sale pute.”
Le car démarre. J’ai vite fait de tourner les talons et de monter sans me retourner. Je sens son regard collé sur moi, mais peu importe. J’ai dis ce que je pensais, voilà.
Honte sur moi, je me sens bizarre... J’arrive à l’arrêt du Quartier Haussmann. Je descend, et je dois me tenir à un panneau de limitation de vitesse... Je sens que je vais faire un malaise, qu’est-ce que j’ai ?... Burp, j’ai un renvoi...Je finis par vomir mon repas de midi de la cantine... Un homme descendu du bus s’approche de moi, en me tendant un mouchoir.
- “Ça va pas mam’zelle ?
- Beuh... Ça pourrait aller mieux, c’est sûr...
- Vous voulez v’nir chez moi vous rafraîchir un peu les idées mam’zelle ?”
Ah ouais d’accord, franco le gars. Je regarde à quoi il ressemble. Cheveux bruns en bataille, regard perçant, veste en cuir (alors qu’il fait au moins 27° à l’ombre), et jean collé à la peau. 35 ans environ.
- “Hm, non merci, j’habite pas loin.
- Bon, et bien j’vous raccompagne.” Oh, non... Il est lourd là.
- “Merci mais...
- Non non n’insistez pas c’est décidé, suivez moi...
- Je parle français ou pas ? J’ai dis NON !
- Mais mam’zelle pas la peine de s’énerver...
- Dégage ! ...”
Je jette son mouchoir à terre et je m’enfuis en courant... Ce qu’ils peuvent être chiants des fois ! N’empêche que je suis assez fière de ma self-défense... J’ose l’agressivité en ce moment. Peu importe si c’est la bonne méthode ou non, au moins comme ça, on me fout la paix. J’arrive à l’atelier de mon père, et je sonne... J’attends...


A suivre...

mardi 1 juin 2010

Tendances
& accoutumances
la suite...

4


June

Cet Ali avait réellement un bon fond, et apparemment, son passé n’était pas très glorieux, il devait être quelqu’un de fort. Moi, je me sentais misérable, je ne savais plus quoi penser. Une envie de vomir me tordait l’estomac. Clément me vit pâlir et s’approcha de moi.
- “Tu ne te sens pas bien ? me demanda t-il.
- J’ai connu de meilleurs moments il me semble...
- J’imagine.. Tu veux que je t’accompagne aux toilettes ? “
Clément était vraiment attentionné envers moi...
- Je veux bien, merci.”
On s’éloigna des autres, et je sentis le regard de Manon nous fusiller le dos. Je me sentis de plus en plus mal. J’avais deviné la tension entre Manon et Clément, et je ne comprenais pas vraiment, je pensais que c’était de ma faute.
Je m’arrêtai au milieu du couloir et articulai :
- “Et Manon...? “
Clément ne répondit pas, il se retourna simplement. Là, je devinai que Manon détournait son regard. Clément baissa la tête, deséspérement.
- “J’ai pas vraiment gobé son coup de chatte en chaleur hier soir. C’est tendu.
- Je... Heu, je comprend. En vérité, je ne comprenais rien, ma mémoire d’hier soir était parsemée de trous noirs, comme une part de gruyère.
Me passer de l’eau sur le visage me fit un énorme bien. L’envie de vomir me passa.
Quand je me retournai, je me trouvai brusquement collée contre le torse de Roger, que faisait-il si près de moi ? Je sursautai. Je lançais d’une voix sobre sans joie.


- “ Hé.. Tu... Tu m’as fait peur, crétin... Et je te rappelle que tu es dans les toilettes des femmes.”
Son souffle chaud caressa mes cheveux. Il ne répondit rien, et il me fixait en baissant la tête. Au début, je ressentais comme de la gêne, je parus certainement réticente... Mais j’avais besoin d’affection plus que tout... Mes bras finirent par encercler sa taille, et ma tête se colla contre son torse. Son rythme cardiaque s’accéléra brusquement. Était-ce moi la fautive ?
Clément redressa ma tête en utilisant son index et son majeur comme un levier sous mon menton. Nos regards se perdirent mutuellement. C’est comme si on parlait par télépathie... Il disait qu’il m’aimait. Je l’ai lu au fond de ses pupilles.


Il se pencha vers moi. Très lentement. Et mes jambes tremblaient.
Clément déposa ses douces lèvres contre les miennes, et là, mon coeur s’emballa.
Au fond de moi, je voulais le repousser... Manon... Vincent... Clément avait ses yeux clos... Il m’enlaçait et me caressait tendrement. Oh.... Vraiment, j’aurais voulu le repousser, mais sa persuasion passionnelle envahissait tout mon esprit, je n’étais capable de rien, sauf de me laisser dominer. Clément gémit, il frissonnait, et bientôt je fermais les yeux à mon tour et me laissais transporter, sur un nuage qui survolerait bientôt le paradis. Sa langue chaude et humide caressa ma lèvre inférieure. Son odeur enivrante s’exaltait et transformait tous mes sens. Bientôt il m’embrassa langoureusement et délicatement, je me sentais bercée et câlinée, et j’avais besoin de ça plus que tout... Je me sentais bien.



Elisabeth

J’attendais patiemment les jeunes dans le hall de la clinique, en compagnie de Monsieur et Madame Rebault. L’attitude de nos enfants nous dépassait totalement, j’avais une migraine insoutenable, et mes mains n’avaient jamais été aussi moites... J’en voulais à Julie, ma propre fille; d’avoir été si lâche vis à vis de son petit ami, et de m’avoir menti et ignoré tout durant la nuit. La honte me rendait coupable, face aux regards accusateurs de Michel et Marie Christine.
- “Comment est rentrée Julie ? me demanda Marie.
- Avec son ami, Clément, il me semble. Et Vincent, où était-il ?”
Que de “et bien je crois que...”, “je ne suis pas sûr”... Nous étions des parents affligés par l’actualité, bercé dans le mensonge de nos enfants insouciants. La confiance nous avait dépassé depuis longtemps, et l’on ne savait plus où donner un OUI ou un NON, en anticipant leurs réactions encore quelques fois puériles malgré leur maturité. Nous en apprenions chaque jour d’avantage sur le quotidien et les soirées que vivaient ces jeunes adultes, qu’on voyait grandir contre nos volontés...


D’un coup, Marie vacilla... Son mari l’a rattrape de force, mais elle semble anéantie.
- “Je n’ai pas dormi de la nuit” Le reste était inaudible mais je compatis à son égard. Apprendre un dimanche matin à l’aube que votre fils se trouve sur un lit d’hôpital, inconscient, cela doit vous infliger un coup critique en pleine poitrine.
- “Je comprend”, me contentais-je de répondre fébrilement.
Qu’aurais-je pu dire de plus ? Des frissons grinçants me parcourèrent le dos, je serrai les dents. Soudain le cliquetis de talons féminins et d’un déhanché régulier alertèrent nos tympans. Julie. Vêtue telle Clara Morgan, les yeux noircis de ricil mal démaquillé, les cheveux en bataille. À ma grande surprise, ma fille vint m’enlacer tendrement, en étouffant quelques sanglots. Je la pris dans mes bras et la serrai fortement, comme si j’avais peur de la perdre. En vérité, c’était bien là ma première crainte... Ses longs cheveux étaient imprégnés d’une odeur de bière et de tabac, mais j’y fis abstraction.
- “Maman, je suis... désolée”
Je sentis le regard des Rebault nous fusiller, mais je les comprenais un peu.
- “Tu n’as rien à dire aux parents de Vincent dis moi ?”
Julie se sentit déconcertée.
- “Tu n’es pas obligée de nous dire toute la vérité Julie, se lança Michel, mais tu sais bien qu’étant donné les circonstances, toute révélation sera très importante, la santé de Vincent en dépend...”
Julie ne savait plus où donner tête, elle semblait submergée par les événements.
- “Mais de quoi vous m’accusez là ? Pourquoi toutes ces questions, bordel !? Qu’est-ce que j’ai fait ? QU’EST CE QUE J’AI FAIT, MOI ?”

Le hall dont les murs étaient blancs immaculés fut plongé dans l’obscurité et le néant.
Après tout, nous ne savions rien, il valait mieux attendre un peu, car l’orage avait parsemé de foudre l’esprit des jeunes gens. Dans la salle d’attente, Manon pleurait timidement, tandis que Cristina tentait vainement de la consoler, et Clément discutait, en haussant quelque peu la voix, avec un autre garçon.
- “Escusez moi”, se désola Julie. Je lui tendis un mouchoir et une bouteille d’eau.
Et je pensais si fort qu’elle dut forcément m’entendre intérieurement: “Je t’aime ma fille, je t’aime” ...


Cristina

- “Il faudrait y aller, j’étouffe ici.” Manon n’allait toujours pas mieux. Je réfléchis un instant et envoya Manon dehors, tandis que j’excluais à nouveau Clément, je devais absolument lui parler.
- “Dégage”, je lis sur ses lèvres cette provocation qu’il avait osé prononcé tout bas.
Je restai bouche bée face à cette réaction suite à mon approche à l’origine attentionnée.
- Merci bien... Ça va et toi ? je m’élançai avec ironie.
- Ecoute Cristi... j’ai bien assez de problèmes comme ça...
- Justement; écoute, laisse moi te dire deux mots ! Juste deux mots...” Jordan m’interrompit soudainement. Je soupirai.
- “Désolé de vous déranger, mais voilà, j’aimerais bien me tirer, pour être honnête !
- On va pas en reparler Jordan ? C’est Clément qui répondit. Tu peux patienter encore quelques instants, s’il te plaît ? C’est bien aimable à toi d’avoir accompagné Cristina et Manon, mais vu les circonstances, tu pourrais être plus compréhensif...
Je voulu m’interposer, mais Jordan m’en empêcha.
- “Je ne le suis pas assez tu trouves ? Je me casse le cul pour vous faciliter les choses, seulement ma montre est comme la tienne il me semble, les minutes tournent, et personnellement j’ai pas quinze ans, je bosse le dimanche moi !”
L’attitude de Jordan m’anéantit. Je détestais quand il admettait qu’il était supérieur à nous, même s’il était vrai qu’il avait certainement mieux à faire mais bon... La réaction de Clément fut complètement stupide :
- “J’ai pas 15 ans, pauvre con... Et puis si tu es là, c’est juste parce que t’es un bon pigeon fou amoureux et aveugle, voilà... Ça fait de la peine, sérieusement.”
Le regard de mon ex s’embrasa. Jordan serrait les poings si forts que ses veines se gonflèrent rapidement, et sa figure se rougit. Il avait toujours été nerveux.


J’apaisai l’atmosphère au mieux possible :
- “S’il te plaît, Jordan, n’écoute pas ce qu’il dit... On en reparlera... Mais tous les deux, arrêtez, je vous en prie ! Le moment est vraiment mal choisi !”
Ils réalisèrent que je n’avais pas tort, et calma leurs tensions assez rapidement.
Je m’éloignai un peu, avec Clément.
- “Bon... Clément... Sois sûr de tes actes, enfin, bref, tu me comprendras.
- Quoi ? me répondit-il, l’air étonné.
- C’est tout ce que j’ai à te dire”, m’enquis-je.
Il semblait surpris de ma parole, et je lui adressai un petit sourire complice.

Jordan

- “Bon, qui est ce que je raccompagne ?” (je décidais d’être attentionné. À moins que je sois vraiment un pigeon comme venait de me traiter l’autre gamin, enfin bon, moi au moins je ne blessais personne...). Je fus dégoûté que ce soit Clément qui réponde en premier :
- “Non merci ! Je rentre avec Julie, pour ma part”
Cristina le fusilla du regard à ce moment là. Pourquoi ? Peut importe.
Manon pénétra à nouveau dans l’enceinte du bâtiment à ce moment là. Clément se retourna alors pour retourner vers sa tendre Julie. Cristina me prit alors par le bras, je lui ouvrit mes yeux grands comme des billes...
- “Il est vraiment con, chuchota Cristina.
- Si tu m’expliquais, je comprendrais peut-être mieux ?
- Mais rien, c’est juste que... Clém... Il est en train d’arracher le coeur de Manon, en s’acharnant sur cette pauvre quiche blonde !
- Tu parles de Julie ?
- Evidamment ! Je peux pas m’la blairer ! Et en plus de ça, elle va sortir avec Clément dans le cul de Vincent, tu te rends compte ?
- Qu’est ce qui te fait dire ça ???
- Je n’invente rien, je les ai capté tout à l’heure dans les toilettes des filles... Pfff... Si c’est pas malheureux ! Elle le regrettera un jour, c’est sûr... Mais ...
- MONSIEUR ET MADAME REBAULT ?” Une infirmière, l’air empressée et haussant la voix, venait d’interrompre Cristina.
- “Hm, oui ? répondirent les concernés (qui devaient donc être les parents de Vincent).
- Bien. Je vais vous demander de me suivre, s’il vous plaît. Malheureusement, votre fils vient d’être envoyé en salle de réanimation. Je suis désolée.”
Le NÉANT s’imposa unanimement... La mère de Vincent s’effondra en larmes dans les bras de son mari. Manon dut s’asseoir immédiatement au risque de s’évanouir, et Julie restait bouche bée, totalement consternée, les yeux embués.



June

Le coeur de Vincent avait cessé de battre.
En ce moment, Vincent ne respirait plus.

Et moi, je mourrais d’indignation et je me décomposais intérieurement.
J’appris en ce dimanche ce que pouvait réellement signifier le mot “FIN”.

Anéantie. Voilà tout.





Michel




Pitié affligeante, liée à notre sort... Qu’avons nous fait pour mériter une telle angoisse ? C’est comme si une bombe venait d’écraser mon coeur d’un coup brutal, et me voilà complètement sous le trouble. Que penser, sous ce syndrome mental qui s’acharne dans vos veines ? Le sang coule encore, mais on perd tout moyen, on est annihilé sous la peur et le dégoût de ne pas avoir été là pour un être proche que vous avez aimé toute la vie durant . Instant crucial où vos pieds vous mèneront le long d’un couloir pâle et sordide. Seulement... Vous ne saurez qu’à la fin si vous êtes menés vers l’espoir... Ou vers la mort.
VINCENT.
Notre fils !
Mais POURQUOI....




FIN DU CHAPITRE 1.

A suivre...

samedi 29 mai 2010

Tendances
& accoutumances

la suite...

3


Jordan

J’ai toujours été fou amoureux de Cristina. On est sorti ensemble un an et demi, et ça a été les plus beaux mois de mon existence... Je l’avais rencontré lors d’une fête, que donnaient mes parents ... J’avais alors vingt deux ans, et je ne faisais rien de ma vie. J’étais un raté, vous pouvez le dire. Comme je n’avais nulle part où aller, mes parents m’hébergeaient, et moi je me débrouillais comme je pouvais, en faisant de l’interim (je les ai tous fais, de livreur de pizza à éboueur, j’ai eu droit à tous les jobs qui puissent exister sur ce monde)... Mais je ne vivais pas comme j’aurais du vivre, et surtout, surtout, j’étais en mal d’amour. Jusqu’à ce que je la vois. Elle et sa petite soeur accompagnaient leurs parents, à cette fameuse fête, le 2 janvier... Elle n’avait que quinze ans, et elle en paraissait dix-sept. Grande, brune, cheveux mi-longs et soyeusement bouclés, des grands yeux gris, et une forme de mannequin. Je suis tombé raide dingue de Cristina. On a parlé toute la soirée, et on est restés en contact. Deux semaines après, on s’aimait comme des fous.


J’avais retrouvé la joie de vivre, j’avais même acheté un petit appart’, à vingt minutes de chez nos parents (qui étaient donc de bons amis). J’avais l’impression de vivre un rêve. Je travaillais comme serveur dans un pub, et j’étais assez bien rémunéré, j’ambitionnais de passer des diplômes pour travailler dans la restauration ou l’hôtellerie. Je l a voyais tous les soirs, le week end, elle dormait à la maison, ou vice versa. Nos parents étaient compréhensifs, la différence d’âge ne leur importunaient pas vraiment, ils voyaient comme notre amour était sincère et profond. Et puis un malheureux jour, tout s’est retourné pour moi. De mon côté, je ne cotoyais pas beaucoup de filles, car dans le pub où je bossais, on était seulement quatre serveurs, que des mecs. Mais Cristina... Elle est rentrée au lycée, et a rencontré une foule de nouveaux amis. Elle était si contente, elle m’en parlait tout le temps. Et moi, j’étais tellement in love, que je me suis laissé prendre pour un con. “ Aujourd’hui j’étais avec Alex. Il est cool, c’est à côté de lui que je me suis assise à la rentrée, tu t’en souviens ? “ “J’ai mangé avec les filles, et Alex s’est joint à nous” “Alex m’a raccompagné jusqu’à chez moi ce soir...” “Alex, Alex”... Ce prénom l’obsedait. Elle m’a trompé le 23 octobre; elle a prétendu être malade ce vendredi soir, mais en fait, elle s’est rendu chez Alex, qui fêtait son anniversaire. Je l’ai appris en fouillant dans son portable (je n’avais pas d’autre choix, et je m’étais bien rendu compte que son comportement avait changé envers moi). Elle s’est mise à pleurer, et je lui ai demandé de choisir. Lui ou moi... Reconnaissez que j’ai été dévoué, sur ce coup là. J’aurais pu lui en coller une et lui avouer que je ne voulais plus entendre parler d’elle. Je lui ai donné une seconde chance, car elle disait qu’elle m’aimait. Elle prétendait m’aimer. Alex est resté dans sa vie. Aujourd’hui, Cristina est une amie. Une simple amie. J’ai beaucoup de mal à me faire à cette idée, car à chaque fois que je la vois, que je suis avec elle, je me remémore tous ces bons souvenirs qu’on a passé ensemble... Elle vit sa vie, je vis la mienne. J’ai eu d’autres relations avec des filles, mais, ça n’a jamais duré, et ça n’a jamais été aussi fort qu’avec Cristina. Même si je me dis, elle n’a que dix huit ans, et j’en ais vingt cinq, je l’aime à la folie !... Mais ça ne sera plus jamais comme avant... Je me dis ça, et pourtant... Des qu’elle a besoin de moi... Je suis là pour elle. Je l’aime.


Clément


Il y a eu un long moment de silence dans la voiture de la mère de Julie. Toutes les images nous sont revenues, à moi et à June. Au début de la soirée; l’arrivée en boite. Nous étions à deux voitures : la mienne, et celle de Quentin. Il y a avait lui, Manon, Cristina, Mathias, Quentin, Julie, et moi. La soirée s’est bien déroulée ... Seulement la première heure. On avait juré de ne pas se séparer, et surtout, de ne pas trop boire. Seuls Vincent et Julie ont désobéi aux règles. Julie, on l’a rattrapé à temps, j’ai pu la prendre en mains... Mais Vincent... Au moment où nous sommes partis, il nous a dit qu’il rentrerait plus tard... Et on a plus eu de nouvelles de lui. D’accord, il nous a un peu lâché pour aller avec des gens qu’ils ne connaissait même pas... mais on aurait pu se préoccuper un temps soit peu de lui ! Seulement voilà, il a aussi fait pire que nous lâcher, il a rencontré une copine, et a exhibé leurs débats adultères aux yeux de tous; de nous, comme de June. Comment l’a t-elle vécu ? Boh, elle était bourrée. (C’est ce qu’a du se dire Vincent, pour agir ainsi...) Et là, on se rend compte de ce qu’il a pu arriver à Vincent. Il s’est fait percuté par un véhicule en sortant de la boite ? Il y a eu une baston avec de gros malabars ? Des mecs bourrés l’ont agressé sans excuse ?... Que s’est-il passé bordel ? Que fout-il à l’hosto, en ce moment même ?
On comprend vite que l’heure est grave et qu’on devrait bouger notre cul plutôt que de rester à méditer et à culpabiliser dans la voiture. June et moi on descend. Ses yeux sont remplis de larmes. Je reste un peu con.
- “ Viens vite, me dit-elle.
- Je vous attend là, nous prévint la mère de June”

Chambre 412. Au moment de toquer à la porte, Julie se retourne subitement vers moi, et s’écroule... - “Mais qu’est... Qu’est-ce qu’il s’est passé ?" elle pleure. On n’est même pas encore dans la chambre, et elle craint le pire... Moi aussi, mais je n’en laisse rien paraître.
- June, calme toi.” Je la rattrape, elle ne tient plus vraiment sur ses jambes.
- Où .. Où était Vincent ?... Pourquoi...” Elle suffoque totalement, ses yeux rougissent, et son nez coule. Elle devient soudainement une petite fille de huit ans qui a peur. Très peur. Elle n’ose pas ouvrir la porte. Cette dernière s’ouvre toute seule, et le regard perçant de Cristina apparaît. J’ouvre la bouche, l’air béat...Cristi est donc au courant. On ne voit pas Vincent, la porte de la chambre ouvre sur un couloir étroit.
“ - Eh bien c’est pas trop tôt. On se demandait vraiment ce que tu foutais Julie ! Julie ravale ses larmes. - Écoute Cristi...je tente.
- Non, non, ne parle pas, les justifications, moi j’en ai rien à faire, la police c’est pas moi. Entrez. “
Elle n’a pas tort. De plus, on a aucune justifications. On est les derniers à avoir été au courant de l’incident, et j’ignore pourquoi... Ces coups de fil aux quels June ne répondait pas, ce matin... Julie traverse à la volée le minuscule couloir, et bouscule le porte-manteau qui trône devant nos yeux. Celui ci manque de se renverser. J’entends June saluer d’autres personnes...
- “Bonjour Manon. Et bonjour.” Quoi ? Manon est là. Mon coeur fait un bond. Mais bien sûr, quel con. Cristina n’est pas seule avec Vincent... Je veux rentrer, mais Cristi me bloque le passage.
- “Deux secondes, chéri, pas si vite. - J’ai pas le droit de voir mon meilleur ami ?
- Ça, je ne t’en empêcherai pas, mais ... Elle se rapproche de mon oreille et chuchote.

- Ne parle pas à Manon. Merci.” Elle passe devant moi. Et la scène apparait devant moi, qui suis complètement déboussolé. Vincent, d’abord. Son teint si pâle qu’on aurait presque dit un mort... Ça me fait un choc. Il apparaît comme un ange endormi. Qu’est-ce qu’il s’est passé ?... June est en face du lit, la tête baissée, elle pleure. Il y a deux mecs, et leurs visages ne me parlent pas. Quoique si, c’est Jordan, un des ex de Cristina. Qu’est-ce qu’il fout là celui là ? Un autre gars, est debout dans un coin de la chambre, il ne parle pas, il croise les bras. Il est de la famille à Vincent ?... Je n’en sais rien. Manon est assise sur une chaise, les deux mains liées. Son visage est triste. Elle ne m’adresse pas un regard, quand j’apparais... Je m’approche de June et Vincent, après avoir offert un simple signe de tête aux deux autres gars. June implose d’un seul coup, elle est si fragile... Et Vincent est inconscient. Il n’est plus avec nous en ce moment...



J’assiste à la scène la plus émouvante que j’aie jamais vécue: Julie attrape fébrilement la main de Vincent, et elle articule, avec beaucoup de mal : “ - Vincent... Je m’en veux tellement... Reviens s’il te plait, reviens...” June pleure. Vincent respire lentement. Manon se lève et va vers Cristina, et le mec du fond de salle ne bouge pas d’un poil. Et moi, je me sens en trop.
POURQUOI ÇA NOUS ARRIVE, À NOUS .... ? Hein, pourquoi ?



Manon


Combien de temps restera t-il dans la torpeur ? On ne sait pas, on ne peut pas savoir....
Quand Jordan, l’ex petit ami de Cristi a demandé à savoir ce qu’il s’était passé, Cris et moi nous sommes regardées; et le questionneur a compris que nous n’étions pas vraiment renseignées. C’est là que le gars anonyme est intervenu.
- Excusez moi. Je m’appelle Ali, et... J’étais avec Vincent quand ça s’est passé.
Les regards l’ont fusillé. - Alors, explique toi, du lancer Jordan, car Cristina et moi étions immobilisées.
- Je ... J’ai voulu l’en empêcher. Mais Vincent a pété un câble hier ... Il s’est piqué, après avoir bu et beaucoup fumé. Au bout d’un moment il n’a plus tenu, on la vu partir. J’étais le plus en état, je l’ai direct conduit à la clinique. Je suis restée sous le choc. Cristina a du s’asseoir. Vincent s’était drogué. Mon Dieu ! Quelle horreur....
- Voilà, nous sommes allés chez moi, après la soirée au Malibu. On a proposé à votre pote Vincent, car il s’était fixé sur Emily...
- Tais toi, ai-je lancé inconsciemment. Julie pleurait.
- Julie... ai-je bafouillé...
- Je...
- Oh, merde, m’a coupé Ali. J‘ai capté; tu es sa petite amie ? Écoute, je... Clément l’a interrompu et a sèchement articulé :
- C’est bon, merci. Tu en fais un peu trop, non ? Qu’est-ce que t’en as à faire d’abord ? Tu nous connais même pas !
- Et alors ? a répondu subitement Ali. Est-ce que ça pourrait m’empêcher d’agir ?
J’ai trouvé son intention bonne, mais que pouvait-il faire pour nous aider ?

- Très bien, poursuivit Ali, voilà ce que m’ont dit les médecins ce matin... (Tout le monde cessa de respirer). Etant donné que Vincent est tombé dans le coma vers 7 h, ça fait 4h qu’il est inconscient. Des comas éthyliques peuvent durer 10 minutes comme ils peuvent durer 48 heures... Comme vous le voyez, Vincent a été relié à une première poche qui lui injecte une concentration de glucose, avec une autre poche qui permet de l’hydrater régulièrement. Il a subi une incubation trachéale, ainsi il respire en ce moment aussi bien que vous ou moi. OK ?... On lui a également administré une sonde urinaire, et injecté un antidote en cas d’une éventuelle intoxication morphinique (la drogue qu’il a incubé dérive de la morphine). Voilà.



- Dis moi, intervint Jordan, t’as l’air de bien t’y connaître concernant la came toi ... ?
Ali hésita à répondre.
- Disons que... j’ai pas mal d’antécédant qui font que. Voilà tout.
- C’est malheureux... se permit d’ajouter Jordan.
Il aurait peut-être du fermer sa gueule.
Ali réagit immédiatement.
- Écoute moi, je te connais pas et donc je ne me permettrai pas d’agressivité envers toi mec. Mais quand tes parents, qui vivent dans un taudis au Maroc, sont forcés de travailler dans les plantations de beue pour se permettre de vivre, tes antécédants se tracent seuls devant ta face tu vois un peu ?! Je n’ai pris aucune décision personnelle crois moi ! ... La prochaine fois évite ce genre de réflexions...
Jordan ne répondit que par le silence. Il culpabilisait apparemment, et je pouvais le comprendre... Personne n’osait parler.
C’est alors que la porte de la chambre s’ouvrit....





Ali


Décidément, je ne m’entendrai pas avec ce mec là, je me suis dit. Il ouvrait un peu trop sa bouche à mon goût. Tandis que l’autre mec, arrivé un peu plus tard, se contentait d’entremêler ses doigts et de fixer le lino de la pièce trop claire.
Une infirmière entra dans la pièce et toutes les attentions se tournèrent vers elle.
- Je vais vous demander de quitter la salle jeunes gens, votre ami a besoin de repos. Personne ne parlait, les personnes assises se levèrent, et tous dans un même élan, on se dirigea vers la sortie. Mon portable sonna.
- “Merde, je chuchotais. “ J’avais zappé le silencieux. J’entendis le mec âgé (celui qui m’avait agacé) pouffer. Vachement discret. La jeune fille blonde qui devait être la compagne de Vincent s’approcha de moi. Je ne m’y attendais pas vraiment en vérité.
- Je peux te parler deux secondes...? elle me demanda d’une voix affirmée.
- Ouais, bien sûr. “ On s’éloigna.


- Vincent ... Est-ce qu’il a couché avec Emily cette nuit ?”
Mon regard se noya dans celui couleur azur de la jeune fille en face de moi. Dans ma tête je pensais : “Dis rien... Surtout ne dis rien, ça lui déchirerait le coeur, et elle ne mérite sûrement pas ça” ...

- Heu, je ... (j’hésitais). C’est à dire que je ne suis pas trop au courant.
Mais, heu, non... Je ne pense pas, vraiment, vu leurs états cette nuit.” Pourquoi affichais-je cet air d’indifférence, alors qu’en vérité je voulais la rassurer... Elle déglutit.
- D’accord... Bon, merci quand même..” Elle tourna les talons.
- “Attend... Ju... Julie c’est ça ? Prend mon numéro. J’aimerais avoir des nouvelles de Vincent très bientôt.” Je n’inventais pas de prétexte, mais il est vrai que j’en profitais en même temps pour avoir des nouvelles de Julie elle même... Cette jeune fille m’inspirait confiance, et sans même la connaître je n’aurais souhaiter que son bonheur. Elle me tendit son portable, et je m’enregistrais dans son répertoire.
- “Merci beaucoup...” Sur ce, nous retournâmes vers la foule, et j’attendis que le deuxième garçon arrivé finisse sa phrase pour saluer tout le monde.
- “Je tiens à vous faire mes sincères excuses pour tout ce qui est arrivé. Je me tiendrais au courant de l’état de votre ami, et je ferai n’importe quoi pour me faire pardonner croyez moi....
- Je t’ai trouvé très courageux et très généreux. Merci.” La jeune fille qui m’adressa ce compliment n’était autre que l’une des premières à être entrées dans la chambre d’hôpital, Manon.

- “Au revoir....” Je m’éloignais d’eux, avec un ressentiment étrange flottant au fond de mon âme.



A suivre...

jeudi 27 mai 2010

Tendances
& accoutumances

la suite...

2



June

Un rayon de soleil passe à travers les volets de Clément, et fait virevolter les poussières, comme de la poudre de fée. Je reste consternée devant ce spectacle matinal, et ignore que Clément s’est aussi réveillé, et m’observe.


- Tu me regardes, je lui dis.
- Non.
- Tu ne dors pas...
- Si. Je te jure. Tu dois rêver.
Je me retourne vers Clément, et je rigole.
Il me prend la main. On est très proches. Peut-être trop ? Non.
- J’ai mal à la tête, je me plains.
- C’est normal. (Il n’en dit pas plus). Il m’embrasse sur le front. Et je me laisse faire.
J’ai envie de rigoler. Parce qu’il me regarde, et que lui seul sait les bêtises que j’ai pu faire hier soir à cette soirée. Moi-même, je serai incapable de réellement tout vous raconter... Entre le passage dans les toilettes des filles, et quand je me suis retrouvée chez Rog, tout est flou dans ma tête. Sa main droite caresse ma hanche. Je me souviens avoir beaucoup trop picolé. Ce n’est pas fréquent, il faudrait que je fasse attention quand même. Il me sourit et approche son visage du mien. J’ignore où sont les autres ?
Manon et Cristina ? Mathias, Jeremy, Quentin ? Et Vincent ... Sûrement chez sa boucle d’or rousse. Elle, je m’en souviens. Je grimace.
- Que se passe t-il, Junette ?
- Vincent. Quel enfoiré.
- N’y pense pas.
Sa main gauche effleure ma joue. Il me semble que je rougis. Et puis je lève les yeux.
- On est bien, hein ?
- Oui, on est bien.

Manon

Cristina vient de m’appeller... Un tourbillon de panique vient de s'élancer dans ma tête. Il parait que Vincent est à l’hôpital. Et je ne sais même pas où est June. J’ai essayé de l’appeler du portable de mon père, et je n’y parviens pas. Coma éthylique... Vincent est tombé dans le coma ! Lui qui tient si bien l’alcool d’habitude, que s'est-il passé ? Il parait qu’ils ont organisé un after, avec des gens rencontrés au Malibu... Vincent n’a pas tenu. Il est tombé raide, il a du en voir de toutes les couleurs, le pauvre. Je passerai le voir avec Cristina dès qu’on aura trouvé un moyen de s’y rendre (Je ne peux pas expliquer la situation à ma mère, trop risqué). Mais bon sang, où sont les autres ? Je n’ai pas les numéros des copains de Clément, et Clément est le dernier que j’aie envie d’appeler en ce moment même.



Clément

Je n’arrête pas de la regarder. Elle est si belle. Julie est le genre de fille qui vous laisse totalement sous le charme, nous, les mecs. On se sent comme imbattable et invulnérable derrière notre image de battant, de crâneur. Mais au fond... Quand on aime, on le sent vraiment, et on devient tout nigaud. J’ai toujours eu un problème pour ça. Je tombe facilement amoureux, mais quand je suis amoureux, je le suis réellement.
Je suis capable d’aimer à la folie, au point de tout lâcher pour la fille. Trop niais, trop romantique ? Peut-être. Et bien je m’assume !
Seulement voilà, je sortais avec Manon, depuis maintenant un mois et demi.
C’est assez récent, oui. Mais on s’est mis ensemble sur un coup de tête. Un jour, au cinéma, il n’y avait que des couples. Julie - Vincent, Laurine et Quentin, et bien sûr, qui restaient de célibataires ? Manon et moi. On aurait dit un complot sectique ! Vincent m’a forcé la main, il m’a dit de tenter avec Manon... On s’est très vite tenu la main pendant le film, et embrassé au moment de se dire au revoir. Mais voyez vous, je trouve cela un peu trop... Facile. Je préfère les histoires d’amour vraiment recherchées...
Exemple... Je languis depuis un moment pour obtenir la main d’une charmante demoiselle (qui me plait vraiment), et au final, elle se rend compte qu’elle éprouve la même chose que moi, bref, c’est le coup de foudre, et c’est les foux ébats d’un jeune couple promettant qui débutent. Moi j’aime ça. J’aime le concret, le sérieux, la confiance, les paroles...



Manon, je l’aime bien. Mais je ne l’aime pas comme il faut, je crois. Elle mérite quelque chose d’autre. Et je suis sûr qu’elle pense pareil de son côté. Elle agit comme si elle n’avait pas réellement d’importance à mon égard. Si je mourrai demain, serait elle malheureuse ?... (Oui, j’en viens à me poser ce genre de questions lugubres - voyez vous !). Il faut que j’arrête de réfléchir. June. ..
- Hé, Princesse. Tu t’es rendormie ?
- Je suis morte, Robert. Fous moi la paix.
J’aime quan elle fait semblant d’être agacée, ou énérvée.
- Vous êtes belle, mademoiselle.
- Mes parents m’ont dit de ne pas parler aux inconnus !...
- Oh, quel dommage. Vous êtes sûre que vous ne voulez pas monter à bord de ma mangifique Mini Cooper S (c’est sa voiture préférée).
- Oh, nan, tu triches, tu me connais en vrai !
Je rigole. Elle a perdu.
Quelqu’un tape contre ma porte. Je gueule :
- OUAIS, quoi ?
C’est Mathias. Pourquoi vient-il nous faire chier ?
- Bonjour les tourteraux, c’est le matin, il fait beau, le soleil brille...
- Abrège, s’il te plait. (Ce n’est pas moi qui l’ai dit, AH, merci Junette).
- Bon, on se casse avec Quentin, mon frère vient nous chercher. On remet ça samedi prochain ?
- Te casse, je lance, on aura le temps d’adviser dans la semaine au bahut.
- OK mec ! Merci pour cette nuit en tout cas. Mathias referme la porte et siffle. Toujours heureux, ce gars là. Grand gaillard aux bouclettes d’ange et au regard perçant...
- Pas de quoi, répondis-je, un peu tard...
Enfin seuls. Mes parents et leurs morpions ne sont pas là, ils ne rentrent que ce soir d’ Aix en provence. Ah, quelle chance.
- June ?
- Oui, quoi ? (J’aime sa voix).
- Non, rien.
Mais qu’est-ce que j’ai ? À quoi je sers, vraiment ?... Je ne suis plus sûr de rien...
Elle rigole.
- Pertinent. (Une de ses phrases favorites !)
Le téléphone vibre. Encore ? Cette fois-ci, elle y va. Ne répond pas.
- Qui c’est ?... m’enquis-je.
- Oh, rien, t’inquiète.
Elle me fait un câlin. J’adore. Je lui fais des bisous.
On reste environ un quart d’heure collés l’un à l’autre , comme ça. C’est tellement bon.

Cristina

J’ai attrapé mon iPhone en vitesse.
- Allô, Jordan ?
- Cristina ...
- J’ai besoin d’un service...” (j’y vais direct)...
- Ça m’aurait étonné ! Sinon, pourquoi m’aurais tu appelé...
- Excuse moi... Tu vas bien ?
- On fait aller. Qu’est-ce que tu veux ?
- J’ai un ami à l’hôpital...
Tout ce que j’avais à faire, c’est émouvoir Jordan de mon malheur, non ? Jordan est mon ex-petit ami, et il a vingt cinq ans. C’est un mec bien.
- “Je passe te prendre à quelle heure ?” demande t-il.
Ça a marché ! Déjà ? Ç’a été plus rapide que ce que j’imaginais... Jordan est un type attentionné, et il se doit de me rendre service, car il m’a aimé comme un fou, et au fond, je crois qu’il m’aime encore un peu. Je demande à Manon de passer me rejoindre chez moi dans l’heure qui suit. Sa voix semble troublée au téléphone...
- “ Je n’arrive pas à joindre Julie, je m’inquiète” me dit-elle. Je me permet de lui reprocher sèchement :
- Écoute, Vincent et le copain de Julie, non ? Si elle s’intéresse un minimum à lui, malgré ce qu’il s’est passé hier, elle devrait être la première au courant et en ce moment elle est sûrement déjà à la clinique à son chevet, alors arrête de stresser pour rien, OK ? “
Silence. Au fond de moi, je sais très bien que j’ai tort. En ce moment, Julie est chez “son Roger”, le petit ami de MANON. Quel gâchis. Et pauvre Manon...
Vers 10h30, Jordan passe nous prendre Manon et moi, et nous dépose à la clinique Saint Jean.


On nous indique la chambre de Vincent en précisant de ne pas rester plus d’un quart d’heure.Dans les couloirs bleus et blanc qui puent la biceptine, on croise Monsieur et Madame Duchamps, les parents de Vincent. Ils ne nous saluent même pas, Madame Duchamps se contente de me dévisager totalement. Ils pensent qu’on est dans le coup, forcément. Quand on fait un coma éthylique en soirée, on est plusieurs à s’être motivé pour boire, et donc il y a plusieurs responsables... Je me sens trop mal à l’aise. On y est pour rien, nous. Si seulement je croisais la peste qu’il s’est tapé hier soir et ses potes, je leur atomiserai la face (sérieusement !). On toque à la chambre 412.


C’est un visage inconnu qui nous ouvre.
- “ Heu, salut. Vous venez voir Vincent ?...
C’est un garçon brun et typé, surement maghrébin, 20 ans environ.
- À ton avis, si on frappe à cette porte, on vient voir ma grand mère tu crois ?... “
Jordan nous a suivi, je n’avais même pas vu.. Le vent qu’il lui a mis... Le mec a l’air gêné... J’en veux un peu à Jordan d’avoir rappliqué ainsi, il n’a jamais vu Vincent, il n’a aucune affinité avec lui ! En appellant Jordan, j’avais juste besoin d’une voiture...
“ - Nous sommes des amis de Vincent, lance timidement Manon. Est-ce qu’on peut entrer ?
- Évidement, je vous en prie. “
Le mec n’est pas vexé. Classe, politesse, diplomatie. Il a l’air plutôt sympa.
Vincent est endormi sur le lit d’hôpital, un masque à respiration artificielle collé au nez. Il est torse-nu, et les cheveux ébouriffés. Il est plutôt mignon, d’ailleurs. Trois chaises sont à notre disposition. Il n’y avait que le jeune typé dans la salle. Pas de trace de Julie. Manon et moi on s’assoit, et puis Manon, elle se met à pleurer. Trop émotive, chérie.
Jordan reste debout, et il fixe Vincent. Je le regard, d’un air intterogateur. Il questionne :
- “Qu’est-ce qu’il s’est passé exactement ? “
Il s’est adressé à nous tous, et c’est drôle, parce que le mec dont on ignore le prénom s’est soudainement senti concerné.





June

Combien de temps est-ce que ça a duré ? Dix minutes ? Trois heures ?
La jeunesse, c’ est une conception inscousciante et totalement vulnérable. (Dixit, mon père). Des fois, je me rend compte qu’il a peut-être raison. Ma mère a apellé, le vibreur m’a fait sursauté. Clément avait une main sur mes fesses, on était liés, comme deux siamois. J’ai répondu, quand ma mère appelle, je répond toujours. (Ou presque)
- “Ma chérie, il s’est passé quelque chose de grave, où es tu ?... “ La dernière mauvaise nouvelle que Maman m’a annoncé avait été la pire de toutes. Je me suis redressé. Clément a froncé les sourcils.
- “ Que... Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
- Mais... Tu n’es pas au courant ? Enf...in, Jul.. Hier, tu... ent ? Le réseau passe mal, je ne comprend rien.
- Mais, qu’est-ce qu’il s’est passé ?! Je n’entend rien, Maman !
- Je passe te prendre en voiture, où es tu ?
- ...
- Es où ? ...ie, où es tu ?
- Chez Clément, je répond.
Silence.
- Maman ?
- Je passe te prendre.
Elle a raccroché.
Je me tourne vers Clém, et je me sens... toute retournée. Plus envie de rien faire, je suis dans la totale inconscience, et je n’ai pas la moindre idée de ce qu’il se passe.
- Qu’est-ce qu’il y a ? Qui c’était ? me demande Rob.
- Ma mère.
Il ne s’inquiète pas, il n’a pas entendu le dialogue.
- Et alors, qu’est-ce qu’elle voulait... Tu dois rentrer ? “
Là dessus, je me lève, et récupère mes affaires. Je n’ai pas envie de discuter, il se passe quelque chose de grave, et il faut absolument que je descende, ma mère ne va pas tarder à arriver. Je me rhabille en vitesse.



- Mais... Il y a un problème ? June...
- Je suis désolée Roger. Moi même, je ne le sais pas vraiment. “
Là dessus, mon portable revibre. Un texto de Maman. “Je suis en bas de l’immeuble de Clément. Descendez tous les deux, si les parents de Clément le veulent bien. Dites leur qu’on se rend à l’hôpital Saint Jean”.
Clément s’exlame :
- “Mais que se passe t-il ?” Il s’empresse de s’habiller à son tour. Et moi je réfléchie. J’ai l’impression que mon cerveau est en ébullition, et que mon coeur va éclater.
C’est quoi ce bordel ?!
On descend Rog et moi, et Maman ne dit pas un mot de toute la route. Je n’ose pas lui parler, Rog non plus. Arrivés devant l’hôpital Saint Jean, je me tourne précipitament , en panique totale:
“ - Maman, qui est ce qu’on va voir à l’hôpital, bon sang ? Dis moi...”
Elle lève le frein à main. Et me regarde.


“ - C’est Vincent.”

Pourquoi la Terre s’est soudainement écroulée sous mes pieds ?
Est-ce que je suis encore en vie ?...




A suivre...

mercredi 26 mai 2010

Tendances (et accoutumances...)

Et hop, premier extrait de mon roman x)
PEACE (yn)


Synopsis:
Naïveté précaire de l'adolescence mise au grand jour...
"Un jour petit, tu sauras..." Finir sur un lit d'hôpital branché à un fil 24h/24
n'est pas une réelle réjouissance, psychologiquement parlant...On n'en sort pas indemne,
c'est une vérité générale. À toi de voir... Tu veux goûter... Tu subiras. Bonne route vers l'infini!


Tout public.

Concernés :
Jeunes


TENDANCES

et accoutumances

{ written by Isa® }

1


CHAPTER 1 : requiem for peace.
Where we’ll learn the youth blithely but also its spirit of solidarity and first responsabilities ...



June


Déjà cette odeur de gerbe qui me tord l’estomac, ensuite le flot de bière qui se verse peu à peu sur ma tête sans que je ne me manifeste pour autant, et Vincent qui gueule à tout va : “Santéééééééé, encore, et encore !!”... Il est déchiré Vincent. Moi ça va. J’arrive encore à distinguer des formes... Enfin, je crois. Mais c’est quoi cette musique de sauvage ? Manon me parle. Non, elle crie. Elle me demande de l’accompagner aux chiottes.
“Pas que ça à foutre, tu sais très bien t’essuyer la chatte toute seule, non ?”
D’un seul coup, je me sens chavirer. Mais je suis consciente. Je m’appelle Fraise, j’habite au pays des petits poneys arc-en-ciel, vous savez, la nouvelle gamme, ceux qui font des bulles à la barbe à papa (c’est géant).
À l’évidence, je ne suis pas très bien... Il me semble que je suis assise par terre, un verre de champagne à la main. Qui a osé me faire boire ce soir ? Et qui m’a emené en boîte ? Je n’ai que huit ans après tout, je suis une gamine.
- “Juuuune, réveille toi, bordel !! Qu’est-ce que tu fous couchée, c’est crade !”
Je sens comme si je m’envolais. On dirait que quelqu’un m’a attrapé le col. Là, je vois la gueule d’un petit chien baveux (un yorkshire, précisément), autour de la quelle une colonie de papillons mauves batifolent, en même temps... Je crois que je délire.
“Et merde !” Un cri strident retentit.
J’ai du gerber sur les godasses de Cendrillon. Fallait pas me relever d’un seul coup, je suis fragile, j’ai pas encore quinze ans moi. (Sérieusement, quel âge j’ai ? J’ai l’impression de ne plus rien savoir de ma vie !) Cristina part en courant rejoindre Manon dans les toilettes. Cristina, Cendrillon, c’est pareil. C’est celle qui pense plus qu’à ses escarpins, que je viens de repeindre.
“Ça va aller June ?” Ah, celui qui m’appelle June, c’est Roger. Enfin, Clément quoi.
J’ai l’impression qu’on me pisse dessus, mais non, Clément me lance des pichnettes d’eau sur la tronche en piochant dans son gobelet en plastique qu’il a eu gratuitement au bar de la boite. J’ai même droit à un sopalin pour m’essuyer la bouche, quelle chance. Apparement, j’ai fait pas mal de de dégats, et les mecs de la sécus s’approchent. J’entend vaguement.
“On veut pas d’emmerdes ce soir s’il vous plait, alors vous ramassez la merde que vous nous avez laissé sur le plancher, et vous ramenez sagement votre p’tite copine dans son lit ! Allez, dégagez !”
Oui, oui, on est sage, on dégarpille. Mille excuses.
“Arrêtez la musique, et on s’en va”, je gueule.




”Mais qui c’est qui ramène June ?” C’est Clément qui demande. Putain, où est Vincent?... Vincent à à quelques mètres plus loin, il partage une chouette soupe de langues avec une rousse siliconée, et lui modèle le cul façon pâte à sel.
“Vincent, merde ! Ramène Julie, elle est pas bien!”
Julie, c’est mon vrai prénom. June, c’est mon surnom. Et j’ai 18 ans. Tout me revient. Vincent ignore total. Quel snobeur. Je suis sensée sortir avec lui. Mais ce soir il préfère Barbie poils-de-carotte. Clément se dévoue.
“C’est bon, j’la ramène, j’ai ma caisse pas loin non plus. Quelqu’un va me chercher ma Manon ? Je crois qu’elle est aux toilettes”.
Ah, depuis quand mon Roger sort avec Manon ? Manon est ma meilleure amie....
Un des potes à Clément se dirige vers les toilettes, mais n’arrive pas à la porte d’entrée de la boite. Il est bouré, et il s’est cassé la gueule. Je me pisse de rire, le moindre truc me fait rire, effet hilarant d’une dose un peu exagérée de gnole, et voilà... Je m’étale par terre. (Une fois de plus).
Alors là, Roger se transforme en Prince charmant, il me prend dans ses bras, je m’aggripe tant bien que mal à sa chemise mytho Ralph Lauren, et on rente dans la boite.
“Mais putain, mais, arrêtez cette musique quoi !” je m’obstine.Ça résonne dans mes tempes et c’est affreux. On parvient jusqu’aux chiottes sans trop de bobos.
Entrée fracassante dans les toilettes des filles. Et là, c’est le drame.
CRISTINA, alias CENDRILLON, et MANON, alias, RIEN DU TOUT... sont en train de se rouler des pelles, les mains entre les cuisses, et l’air bien excitées toutes les deux.
Que c’est mignon ! Je me met à rire, et je pleure en même temps. J’ai trop mal au crâne.
L’air de Clément n’est pas le même. Que ce soit avec un mec, une baleine ou même un caniche, il ne supporte pas que Manon aille voir ailleurs, apparement.
Mais là....Manon repousse violement Cristina qui manque de basculer (dur dur, avec les pieds dressés à 50 cm du sol...) La folle se rattrape au lavabo, sa copine bégaye:
“ Clém... Je suis déchirée, il faut qu’on rentre, tu crois pas ?


- Si tu étais réellement bourrée, tu me parlerais pas aussi clairement, sale lesbienne ! “
Mon Roger est énérvé ! J’aggripe son visage entre mes deux mains et m’apprete à l’embrasser.
- “Eh mon grand , t’as de beaux yeux tu sais... Je me met à chanter. Papa...Paparazzi !
- Arrête June, c’est pas le moment ! ...
- Pourquoi est-ce que tu tiens Julie dans tes bras ? questionne Manon, qui ne sait plus où se mettre. (Je crois qu’elle a les yeux embués de larmes, trop sensible, cette courge).
- Ça t’pose un problème ? Contente toi de ramasser ta petite chatte, elle est blessée.”
J’avais pas remarqué : Cendrillon voit du rouge. Elle s’est cognée contre le lavabo ?
Pauvre cloche ! ... Je me met à rire, et je ne peux plus m’arrêter. Je rigole comme une chouette, sans vraiment savoir pourquoi. Je m’agrippe aux épaules de Roger pour ne pas tomber, et je pleure de rire. Je chiale, sans déconner, je ne suis pas nette du tout. C’est là que Roger me lache, et qu’il murmure “Quelle conne celle-là”, SI, JE T’AI ENTENDU !
Manon pleure. Pourquoi elle pleure encore ? Elle rigolait aussi ? Cendrillon est à plat, et elle se plaint, la chochotte, elle a mal à la tête, oh my god... Clément va la voir après m’avoir lâché, pff !
Je tombe dans les vapes et je sens le mur qui me tombe sur le crâne. OuaÏe.

Là je m’endors. Rideau.

Cristina

Qui a eut l’idée de sortir cette nuit ? Pour une fois, ce n’était pas moi. D’habitude, je suis toujours la première à m’agiter et à enthousiasmer les autres pour sortir, le vendredi, le samedi, et puis même en semaine. Cette soirée au Malibu s’est plutôt bien passée, enfin, le début. Après, ça a très vite dérapé. Tous les potes de Clément ont fini au tapis. Et ce n’était pas les pires. Non, le pire, c’était l’autre gamine, June. Ce qu’elle tient mal l’alcool ! Il n’y a que Manon et moi et étions véritablement sobres. Et pourtant nous sommes des filles, je suis fière ! Ce matin on m’appelle,
- “Cristina, c’est Eliott, tu te souviens, tu m’as passé ton numéro hier en boîte ?”
Moment de solitude. Merde. Eliott ? Aucun souvenir, aucune tête ne me revient. Étais-je vraiment nette hier soir ? Je ne passe jamais mon numéro d’habitude... Oh non...
- “Ho, bien sûr. Eliott, comment vas tu ?.. C’est gentil de rappeller... Heum. (Je fais genre, il vaut mieux ne pas le vexer, ça se trouve il était beau, et j’ai mal vu dans l’obscurité);
- Tu vas bien, ? Tu n’as pas trop bu hier ? Parce que tu comprends, je voulais me rassurer... Si tu étais bien OK avec tes actes... Saches que moi, oui, et d’ailleurs...
- Quoi ? D’ailleurs quoi ?...
- Eh bien, j’ai apprécié. “
Quoi ? Mais de quoi il parle ? Il délire là ! Je n’ai pas donné mon numéro hier soir, je m’en souviens.... Je ne suis pas folle...
- “Tu veux qu’on se revoit ? Afin de .. faire plus ample connaissance, si tu vois c’que j’veux dire...?”

Et là, j’entend des rires. C’est bon, sale con ! C’est Quentin je suppose. Tu ne m’auras pas comme ça. Je raccroche.
Pffffff, j’ai quand même la tête aussi énorme qu’une mongolfière, mais une mongolfière qui se dégonfle, si vous voyez le genre ? Je ne pense à rien, et me sens toute ramollie.
Je n’ai dormis que 2h, chez Manon. La pauvre. À cause de moi, son mec l’a plaqué.
Pourtant, on a pas fait grand chose, j’ai déjà fait pire que d’embrasser une meuf et de la caresser... Pfff. Je l’aime bien Manon. Elle est mignonne, petite Miss yeux verts et cheveux châtains. Mais je suis entièrement hétérosexuelle, ne commencez pas à croire des trucs ! On faisait ça que pour déconner, pour le fun quoi. Il nous a pris pour qui, Clément ? Il est trop stupide, sérieux. Elle devrait s’attaquer à plus haut Manon, elle a de l’ambition, elle est bien foutue... Moi si j’avais son corps... J’aurais perdu ma virginité à l’âge de 9 ans ! Je suis grande pour mes 19 printemps. 1 m 71 ; cheveux bruns, yeux bleus, visage fin, lèvres fines, je suis fine, en soi. Trop fine. (Les antécédents niveau régime alimentaire ne concernent que moi, ne posez pas de questions merci).
85 bonnet C, ce n’est vraiment pas assez. J’ai de quoi me plaindre croyez moi.
Oh, ne vous en faites pas pour moi, je vis bien. Mes parents sont assez aisés ! (Ce n’est pas le même cas pour Manon, oh mon dieu, je fuguerais, si je vivais dans un HLM comme ses parents... mais ils sont gentils ses parents, si si). Ma chambre et ma salle de bain font la taille du salon, de la salle à manger et de la cuisine de chez Manon. Mais c’est mignon chez Manon. Chez moi, il y a une grande véranda, et un jardin avec une piscine et un grand potager (le jardinier est un gros connard entre parenthèses). Chez Manon, il y a le balcon (avec quelques géraniums que cultivent Mme Rebault), et la résidence des Côteaux Bleus. Les Côteaux Gris, ouais. Pauvre Manon... Elle mérite bien mieux. Cette nuit j’ai dormis (ou pas) bien serrée contre elle, et je lui ai chuchoté à l’oreille : “Tu es une fille bien, Manon, tu iras loin”. À ma grande surprise, elle s’est retournée. (Je croyais qu’elle dormait). Et elle m’a embrassé. Sur la bouche. Pensez vous que notre petite aventure délireuse dans les toilettes du Malibu lui a plu ? Je n’éspère pas. En même temps j’en serai heureuse, ça prouverait que je sais satisfaire autre chose qu’un mec aux idées tordues... Mais bon, ça fait bizarre quand même.
Vous trouvez pas ? Merde, j’y pense. Arrvée chez Manon, j’ai enlevé mes escarpins Chanel. (Cette éspèce de conne, Julie, avait gerbé dessus après ses 4 verres de Cahmpomy), et j’ai oublié mes chaussures dans la salle de bain de chez Manon...
Il est que 7h. (Ma mère est venue me rechercher chez Manon en même temps qu’elle allait au boulot, so, very early !) Je vais roupiller, je tiens plus debout.

Clément

Je ne pensais plus à rien, c’est toujours comme ça, après les soirées. J’étais dans mon lit, et Julie dormait, à côté de moi. (Le canapé était pris par Mathias et Quentin - qui s’étaient incrusté chez moi), Je sentais le souffle chaux de June caresser mon visage. Elle était belle, ma petite June. Toute la soirée, elle m’a appelé “son petit Roger”. C’est idiot, mais j’ai commencé à aimer ce surnom. C’est le nom de mon arrière grand père, mort il y a trois mois, y a t-il un rapport ?

June se réveille. Ce qu’elle est belle.
- “Vinc... Hé, je suis où....” Elle rabat sa mèche blonde en léchant son visage de sa main gauche.
- Hé, June.
- Rog’ ?
- C’est moi qui t’ai récupéré, Darling.
- Et les autres...
- Peu importe. Là, c’est toi. Comment tu te sens ?”
Elle ne répond pas. Elle me sourit. Ce qu’elle est belle. Nous nous sommes rapproché.
Dans l’histoire, pour moi, c’est fini avec Manon. Elle se fout de ma gueule, et puis, dans tous les cas, je l’empoisonnais. Ses parents sont trop autoritaires, ils râlaient quand je l’appelais, car elle était sensée faire ses devoirs, prendre sa douche... Donc je ne l’appellais plus. Ils n’aimaient pas quand je l’invitais dormir à la maison... Elle n’y a dormis qu’une fois, et toute la soirée ça a été : “Mes parents ne sont pas au courant que je suis chez toi, mon dieu, j’ai jamais dormis chez un copain à moi, met toi à ma place, je stresse”... Au final, on ne se parlait plus vraiment... Et moi qui croyais que notre relation pourrait nous mener quelque part. Je suis trop con. Et June, elle ? Est ce qu’elle aime cet abruti de Vincent ? (Au fait, Vincent est mon ex meilleur ami...) Mais aujourd’hui... Vincent est toujours là, à fantasmer sur tout ce qui est gros cul et seins surdimensionnés. C’est pas un mec pour June. Ma petite princesse, June... Elle vient de me prendre la main. Je frissone. Je ne suis pas allongé, moi, je me suis accoudé sur le matelas, et je la regarde. Elle ferme les yeux. Elle sourit. Elle sourit toujours. Ce qu’elle est belle.


Le téléphone vibre. Il est 07h22. Qui c’est ?... Ah, ce n’est pas mon portable, le mien n’a plus de batterie. Je regarde June.
- “Laisse... c’est sûrement ma mère.
- À 7 h ? Elle se doute que tu es à une soirée, elle te laisserait reprendre un peu, on est dimanche.
- Hé bien laisse quand même, c’est pas important.” Elle râle, et moi ça m’inquiète.
Je prend le portable, qui était sur la moquette dans la poche de son jean, imbibé de bière. L’écran est humide. Mais je vois s’afficher : “1 appel en absence”, j’appuie sur la touche centrale pour avoir le détail. “Jean Christophe” Pas vraiment actuel comme nom. Enfin, c’est plus un nom pour un mec ayant passé la quarantaine quoi... Je ne pose pas de question. C’est peut-être un oncle, ou un grand cousin... La famille de June est immense. Je me recouche auprès d’elle. On est bien tous les deux. Je me colle contre son corps chaud. Je l’enlace, mais très tendrement, je tiens à la protéger, ma petite poupée chérie. Ce qu’on est bien ensemble. Ce qu’elle est belle. Nous nous endormons sur un rythme régulier, comme deux enfants. Deux grands enfants de dix huit ans.


Manon

Cette soirée a été un désastre. Je m’en veux tellement ! ...
Heureusement que Cristina est là pour me réconforter... On est toutes les deux fautives dans l’histoire, mais je suis bien avec elle. Je pense que Maman ne l’apprécie pas autant que moi... Quand elle est partie, ce matin très tôt, Maman a trouvé ses escarpins, qu’elle avait oublié dans notre salle de bain.
- “C’est ta copine qui porte ces horreurs là, rassure moi ? m’a t-elle lancé.
- Oh, elle les a oublié. Il faudra que je les lui rapporte !
- Eh bien, plus jamais ce genre de choses à la maison, ma chérie, c’est vraiment... vulgaire.. J’éspère qu’elle ne t’influencera pas, ce n’est pas ton genre de fréquentations..”



Le rouge m’est monté aux joues. Comment osait-elle ? Elle se permet de critiquer mes amies, à présent ! Elle me saoule, vraiment ! Le week end prochain, Cristi m’invite à dormir chez elle. On pourra faire les folles, et fumer quelques pét. Ça me fera le plus grand bien. Aujourd’hui, je vais dormir toute la journée. Papa veut me forcer à aller à la messe, mais je n’ai vraiment pas la foi. Je mime d’être malade. Ma soeur Agathe, rencherit :
- “ Toi, tu t’es pris une cuite, je le lis dans tes yeux. “
Je n’ai rien bu hier (ou presque).
- “Oh toi ça va, hein. Occupe toi de tes samedis soirs à toi !”
Ma mère :
- “Comment ça ? Tu as bu hier soir ? Tu n’étais à la soirée film de Johanna ?”
(Je mens à ma mère. Johanna n’existe pas. Au moins, pas de questions aux “parents” !).
- “Mais si, Maman ! Si j’ai les yeux fatigués, c’est parce qu’on s’est fait les 4 premiers Harry Potter d’un coup, tu comprends ? On a dormi que 2h ce matin en rentrant avec Cristina ! ... Je manque de sommeil, voilà tout”
(Je détèste Harry Potter).
“ - Mouais, mouais.” Ma soeur me fait une sorte de grimace.
Seule Agathe, se doute de ma supercherie. Elle a deux ans de plus que moi, elle connait Papa et Maman aussi bien (voire mieux) que moi, et a certainement du faire face aux problèmes rencontrés pour sortir, tout comme moi...
Ma vie n’est pas facile... J’attrape mon oreiller, et j’écoute une musique calme, j’essaie d’apaiser mes pensées qui me font tourner la tête, vraiment...



A suivre...