Tendances
& accoutumances
& accoutumances
la suite...
2
June
Un rayon de soleil passe à travers les volets de Clément, et fait virevolter les poussières, comme de la poudre de fée. Je reste consternée devant ce spectacle matinal, et ignore que Clément s’est aussi réveillé, et m’observe.

- Tu me regardes, je lui dis.
- Non.
- Tu ne dors pas...
- Si. Je te jure. Tu dois rêver.
Je me retourne vers Clément, et je rigole.
Il me prend la main. On est très proches. Peut-être trop ? Non.
- J’ai mal à la tête, je me plains.
- C’est normal. (Il n’en dit pas plus). Il m’embrasse sur le front. Et je me laisse faire.
J’ai envie de rigoler. Parce qu’il me regarde, et que lui seul sait les bêtises que j’ai pu faire hier soir à cette soirée. Moi-même, je serai incapable de réellement tout vous raconter... Entre le passage dans les toilettes des filles, et quand je me suis retrouvée chez Rog, tout est flou dans ma tête. Sa main droite caresse ma hanche. Je me souviens avoir beaucoup trop picolé. Ce n’est pas fréquent, il faudrait que je fasse attention quand même. Il me sourit et approche son visage du mien. J’ignore où sont les autres ?
Manon et Cristina ? Mathias, Jeremy, Quentin ? Et Vincent ... Sûrement chez sa boucle d’or rousse. Elle, je m’en souviens. Je grimace.
- Que se passe t-il, Junette ?
- Vincent. Quel enfoiré.
- N’y pense pas.
Sa main gauche effleure ma joue. Il me semble que je rougis. Et puis je lève les yeux.
- On est bien, hein ?
- Oui, on est bien.
Manon
Cristina vient de m’appeller... Un tourbillon de panique vient de s'élancer dans ma tête. Il parait que Vincent est à l’hôpital. Et je ne sais même pas où est June. J’ai essayé de l’appeler du portable de mon père, et je n’y parviens pas. Coma éthylique... Vincent est tombé dans le coma ! Lui qui tient si bien l’alcool d’habitude, que s'est-il passé ? Il parait qu’ils ont organisé un after, avec des gens rencontrés au Malibu... Vincent n’a pas tenu. Il est tombé raide, il a du en voir de toutes les couleurs, le pauvre. Je passerai le voir avec Cristina dès qu’on aura trouvé un moyen de s’y rendre (Je ne peux pas expliquer la situation à ma mère, trop risqué). Mais bon sang, où sont les autres ? Je n’ai pas les numéros des copains de Clément, et Clément est le dernier que j’aie envie d’appeler en ce moment même.

Clément
Je n’arrête pas de la regarder. Elle est si belle. Julie est le genre de fille qui vous laisse totalement sous le charme, nous, les mecs. On se sent comme imbattable et invulnérable derrière notre image de battant, de crâneur. Mais au fond... Quand on aime, on le sent vraiment, et on devient tout nigaud. J’ai toujours eu un problème pour ça. Je tombe facilement amoureux, mais quand je suis amoureux, je le suis réellement.
Je suis capable d’aimer à la folie, au point de tout lâcher pour la fille. Trop niais, trop romantique ? Peut-être. Et bien je m’assume !
Seulement voilà, je sortais avec Manon, depuis maintenant un mois et demi.
C’est assez récent, oui. Mais on s’est mis ensemble sur un coup de tête. Un jour, au cinéma, il n’y avait que des couples. Julie - Vincent, Laurine et Quentin, et bien sûr, qui restaient de célibataires ? Manon et moi. On aurait dit un complot sectique ! Vincent m’a forcé la main, il m’a dit de tenter avec Manon... On s’est très vite tenu la main pendant le film, et embrassé au moment de se dire au revoir. Mais voyez vous, je trouve cela un peu trop... Facile. Je préfère les histoires d’amour vraiment recherchées...
Exemple... Je languis depuis un moment pour obtenir la main d’une charmante demoiselle (qui me plait vraiment), et au final, elle se rend compte qu’elle éprouve la même chose que moi, bref, c’est le coup de foudre, et c’est les foux ébats d’un jeune couple promettant qui débutent. Moi j’aime ça. J’aime le concret, le sérieux, la confiance, les paroles...

Manon, je l’aime bien. Mais je ne l’aime pas comme il faut, je crois. Elle mérite quelque chose d’autre. Et je suis sûr qu’elle pense pareil de son côté. Elle agit comme si elle n’avait pas réellement d’importance à mon égard. Si je mourrai demain, serait elle malheureuse ?... (Oui, j’en viens à me poser ce genre de questions lugubres - voyez vous !). Il faut que j’arrête de réfléchir. June. ..
- Hé, Princesse. Tu t’es rendormie ?
- Je suis morte, Robert. Fous moi la paix.
J’aime quan elle fait semblant d’être agacée, ou énérvée.
- Vous êtes belle, mademoiselle.
- Mes parents m’ont dit de ne pas parler aux inconnus !...
- Oh, quel dommage. Vous êtes sûre que vous ne voulez pas monter à bord de ma mangifique Mini Cooper S (c’est sa voiture préférée).
- Oh, nan, tu triches, tu me connais en vrai !
Je rigole. Elle a perdu.
Quelqu’un tape contre ma porte. Je gueule :
- OUAIS, quoi ?
C’est Mathias. Pourquoi vient-il nous faire chier ?
- Bonjour les tourteraux, c’est le matin, il fait beau, le soleil brille...
- Abrège, s’il te plait. (Ce n’est pas moi qui l’ai dit, AH, merci Junette).
- Bon, on se casse avec Quentin, mon frère vient nous chercher. On remet ça samedi prochain ?
- Te casse, je lance, on aura le temps d’adviser dans la semaine au bahut.
- OK mec ! Merci pour cette nuit en tout cas. Mathias referme la porte et siffle. Toujours heureux, ce gars là. Grand gaillard aux bouclettes d’ange et au regard perçant...
- Pas de quoi, répondis-je, un peu tard...
Enfin seuls. Mes parents et leurs morpions ne sont pas là, ils ne rentrent que ce soir d’ Aix en provence. Ah, quelle chance.
- June ?
- Oui, quoi ? (J’aime sa voix).
- Non, rien.
Mais qu’est-ce que j’ai ? À quoi je sers, vraiment ?... Je ne suis plus sûr de rien...
Elle rigole.
- Pertinent. (Une de ses phrases favorites !)
Le téléphone vibre. Encore ? Cette fois-ci, elle y va. Ne répond pas.
- Qui c’est ?... m’enquis-je.
- Oh, rien, t’inquiète.
Elle me fait un câlin. J’adore. Je lui fais des bisous.
On reste environ un quart d’heure collés l’un à l’autre , comme ça. C’est tellement bon.
A suivre...
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June
Un rayon de soleil passe à travers les volets de Clément, et fait virevolter les poussières, comme de la poudre de fée. Je reste consternée devant ce spectacle matinal, et ignore que Clément s’est aussi réveillé, et m’observe.

- Tu me regardes, je lui dis.
- Non.
- Tu ne dors pas...
- Si. Je te jure. Tu dois rêver.
Je me retourne vers Clément, et je rigole.
Il me prend la main. On est très proches. Peut-être trop ? Non.
- J’ai mal à la tête, je me plains.
- C’est normal. (Il n’en dit pas plus). Il m’embrasse sur le front. Et je me laisse faire.
J’ai envie de rigoler. Parce qu’il me regarde, et que lui seul sait les bêtises que j’ai pu faire hier soir à cette soirée. Moi-même, je serai incapable de réellement tout vous raconter... Entre le passage dans les toilettes des filles, et quand je me suis retrouvée chez Rog, tout est flou dans ma tête. Sa main droite caresse ma hanche. Je me souviens avoir beaucoup trop picolé. Ce n’est pas fréquent, il faudrait que je fasse attention quand même. Il me sourit et approche son visage du mien. J’ignore où sont les autres ?
Manon et Cristina ? Mathias, Jeremy, Quentin ? Et Vincent ... Sûrement chez sa boucle d’or rousse. Elle, je m’en souviens. Je grimace.
- Que se passe t-il, Junette ?
- Vincent. Quel enfoiré.
- N’y pense pas.
Sa main gauche effleure ma joue. Il me semble que je rougis. Et puis je lève les yeux.
- On est bien, hein ?
- Oui, on est bien.
Manon
Cristina vient de m’appeller... Un tourbillon de panique vient de s'élancer dans ma tête. Il parait que Vincent est à l’hôpital. Et je ne sais même pas où est June. J’ai essayé de l’appeler du portable de mon père, et je n’y parviens pas. Coma éthylique... Vincent est tombé dans le coma ! Lui qui tient si bien l’alcool d’habitude, que s'est-il passé ? Il parait qu’ils ont organisé un after, avec des gens rencontrés au Malibu... Vincent n’a pas tenu. Il est tombé raide, il a du en voir de toutes les couleurs, le pauvre. Je passerai le voir avec Cristina dès qu’on aura trouvé un moyen de s’y rendre (Je ne peux pas expliquer la situation à ma mère, trop risqué). Mais bon sang, où sont les autres ? Je n’ai pas les numéros des copains de Clément, et Clément est le dernier que j’aie envie d’appeler en ce moment même.

Clément
Je n’arrête pas de la regarder. Elle est si belle. Julie est le genre de fille qui vous laisse totalement sous le charme, nous, les mecs. On se sent comme imbattable et invulnérable derrière notre image de battant, de crâneur. Mais au fond... Quand on aime, on le sent vraiment, et on devient tout nigaud. J’ai toujours eu un problème pour ça. Je tombe facilement amoureux, mais quand je suis amoureux, je le suis réellement.
Je suis capable d’aimer à la folie, au point de tout lâcher pour la fille. Trop niais, trop romantique ? Peut-être. Et bien je m’assume !
Seulement voilà, je sortais avec Manon, depuis maintenant un mois et demi.
C’est assez récent, oui. Mais on s’est mis ensemble sur un coup de tête. Un jour, au cinéma, il n’y avait que des couples. Julie - Vincent, Laurine et Quentin, et bien sûr, qui restaient de célibataires ? Manon et moi. On aurait dit un complot sectique ! Vincent m’a forcé la main, il m’a dit de tenter avec Manon... On s’est très vite tenu la main pendant le film, et embrassé au moment de se dire au revoir. Mais voyez vous, je trouve cela un peu trop... Facile. Je préfère les histoires d’amour vraiment recherchées...
Exemple... Je languis depuis un moment pour obtenir la main d’une charmante demoiselle (qui me plait vraiment), et au final, elle se rend compte qu’elle éprouve la même chose que moi, bref, c’est le coup de foudre, et c’est les foux ébats d’un jeune couple promettant qui débutent. Moi j’aime ça. J’aime le concret, le sérieux, la confiance, les paroles...

Manon, je l’aime bien. Mais je ne l’aime pas comme il faut, je crois. Elle mérite quelque chose d’autre. Et je suis sûr qu’elle pense pareil de son côté. Elle agit comme si elle n’avait pas réellement d’importance à mon égard. Si je mourrai demain, serait elle malheureuse ?... (Oui, j’en viens à me poser ce genre de questions lugubres - voyez vous !). Il faut que j’arrête de réfléchir. June. ..
- Hé, Princesse. Tu t’es rendormie ?
- Je suis morte, Robert. Fous moi la paix.
J’aime quan elle fait semblant d’être agacée, ou énérvée.
- Vous êtes belle, mademoiselle.
- Mes parents m’ont dit de ne pas parler aux inconnus !...
- Oh, quel dommage. Vous êtes sûre que vous ne voulez pas monter à bord de ma mangifique Mini Cooper S (c’est sa voiture préférée).
- Oh, nan, tu triches, tu me connais en vrai !
Je rigole. Elle a perdu.
Quelqu’un tape contre ma porte. Je gueule :
- OUAIS, quoi ?
C’est Mathias. Pourquoi vient-il nous faire chier ?
- Bonjour les tourteraux, c’est le matin, il fait beau, le soleil brille...
- Abrège, s’il te plait. (Ce n’est pas moi qui l’ai dit, AH, merci Junette).
- Bon, on se casse avec Quentin, mon frère vient nous chercher. On remet ça samedi prochain ?
- Te casse, je lance, on aura le temps d’adviser dans la semaine au bahut.
- OK mec ! Merci pour cette nuit en tout cas. Mathias referme la porte et siffle. Toujours heureux, ce gars là. Grand gaillard aux bouclettes d’ange et au regard perçant...
- Pas de quoi, répondis-je, un peu tard...
Enfin seuls. Mes parents et leurs morpions ne sont pas là, ils ne rentrent que ce soir d’ Aix en provence. Ah, quelle chance.
- June ?
- Oui, quoi ? (J’aime sa voix).
- Non, rien.
Mais qu’est-ce que j’ai ? À quoi je sers, vraiment ?... Je ne suis plus sûr de rien...
Elle rigole.
- Pertinent. (Une de ses phrases favorites !)
Le téléphone vibre. Encore ? Cette fois-ci, elle y va. Ne répond pas.
- Qui c’est ?... m’enquis-je.
- Oh, rien, t’inquiète.
Elle me fait un câlin. J’adore. Je lui fais des bisous.
On reste environ un quart d’heure collés l’un à l’autre , comme ça. C’est tellement bon.
Cristina
J’ai attrapé mon iPhone en vitesse.
- Allô, Jordan ?
- Cristina ...
- J’ai besoin d’un service...” (j’y vais direct)...
- Ça m’aurait étonné ! Sinon, pourquoi m’aurais tu appelé...
- Excuse moi... Tu vas bien ?
- On fait aller. Qu’est-ce que tu veux ?
- J’ai un ami à l’hôpital...
Tout ce que j’avais à faire, c’est émouvoir Jordan de mon malheur, non ? Jordan est mon ex-petit ami, et il a vingt cinq ans. C’est un mec bien.
- “Je passe te prendre à quelle heure ?” demande t-il.
Ça a marché ! Déjà ? Ç’a été plus rapide que ce que j’imaginais... Jordan est un type attentionné, et il se doit de me rendre service, car il m’a aimé comme un fou, et au fond, je crois qu’il m’aime encore un peu. Je demande à Manon de passer me rejoindre chez moi dans l’heure qui suit. Sa voix semble troublée au téléphone...
- “ Je n’arrive pas à joindre Julie, je m’inquiète” me dit-elle. Je me permet de lui reprocher sèchement :
- Écoute, Vincent et le copain de Julie, non ? Si elle s’intéresse un minimum à lui, malgré ce qu’il s’est passé hier, elle devrait être la première au courant et en ce moment elle est sûrement déjà à la clinique à son chevet, alors arrête de stresser pour rien, OK ? “
Silence. Au fond de moi, je sais très bien que j’ai tort. En ce moment, Julie est chez “son Roger”, le petit ami de MANON. Quel gâchis. Et pauvre Manon...
Vers 10h30, Jordan passe nous prendre Manon et moi, et nous dépose à la clinique Saint Jean.
On nous indique la chambre de Vincent en précisant de ne pas rester plus d’un quart d’heure.Dans les couloirs bleus et blanc qui puent la biceptine, on croise Monsieur et Madame Duchamps, les parents de Vincent. Ils ne nous saluent même pas, Madame Duchamps se contente de me dévisager totalement. Ils pensent qu’on est dans le coup, forcément. Quand on fait un coma éthylique en soirée, on est plusieurs à s’être motivé pour boire, et donc il y a plusieurs responsables... Je me sens trop mal à l’aise. On y est pour rien, nous. Si seulement je croisais la peste qu’il s’est tapé hier soir et ses potes, je leur atomiserai la face (sérieusement !). On toque à la chambre 412.
C’est un visage inconnu qui nous ouvre.
- “ Heu, salut. Vous venez voir Vincent ?...
C’est un garçon brun et typé, surement maghrébin, 20 ans environ.
- À ton avis, si on frappe à cette porte, on vient voir ma grand mère tu crois ?... “
Jordan nous a suivi, je n’avais même pas vu.. Le vent qu’il lui a mis... Le mec a l’air gêné... J’en veux un peu à Jordan d’avoir rappliqué ainsi, il n’a jamais vu Vincent, il n’a aucune affinité avec lui ! En appellant Jordan, j’avais juste besoin d’une voiture...
“ - Nous sommes des amis de Vincent, lance timidement Manon. Est-ce qu’on peut entrer ?
- Évidement, je vous en prie. “
Le mec n’est pas vexé. Classe, politesse, diplomatie. Il a l’air plutôt sympa.
Vincent est endormi sur le lit d’hôpital, un masque à respiration artificielle collé au nez. Il est torse-nu, et les cheveux ébouriffés. Il est plutôt mignon, d’ailleurs. Trois chaises sont à notre disposition. Il n’y avait que le jeune typé dans la salle. Pas de trace de Julie. Manon et moi on s’assoit, et puis Manon, elle se met à pleurer. Trop émotive, chérie.
Jordan reste debout, et il fixe Vincent. Je le regard, d’un air intterogateur. Il questionne :
- “Qu’est-ce qu’il s’est passé exactement ? “
Il s’est adressé à nous tous, et c’est drôle, parce que le mec dont on ignore le prénom s’est soudainement senti concerné.

June
Combien de temps est-ce que ça a duré ? Dix minutes ? Trois heures ?
La jeunesse, c’ est une conception inscousciante et totalement vulnérable. (Dixit, mon père). Des fois, je me rend compte qu’il a peut-être raison. Ma mère a apellé, le vibreur m’a fait sursauté. Clément avait une main sur mes fesses, on était liés, comme deux siamois. J’ai répondu, quand ma mère appelle, je répond toujours. (Ou presque)
- “Ma chérie, il s’est passé quelque chose de grave, où es tu ?... “ La dernière mauvaise nouvelle que Maman m’a annoncé avait été la pire de toutes. Je me suis redressé. Clément a froncé les sourcils.
- “ Que... Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
- Mais... Tu n’es pas au courant ? Enf...in, Jul.. Hier, tu... ent ? Le réseau passe mal, je ne comprend rien.
- Mais, qu’est-ce qu’il s’est passé ?! Je n’entend rien, Maman !
- Je passe te prendre en voiture, où es tu ?
- ...
- Es où ? ...ie, où es tu ?
- Chez Clément, je répond.
Silence.
- Maman ?
- Je passe te prendre.
Elle a raccroché.
Je me tourne vers Clém, et je me sens... toute retournée. Plus envie de rien faire, je suis dans la totale inconscience, et je n’ai pas la moindre idée de ce qu’il se passe.
- Qu’est-ce qu’il y a ? Qui c’était ? me demande Rob.
- Ma mère.
Il ne s’inquiète pas, il n’a pas entendu le dialogue.
- Et alors, qu’est-ce qu’elle voulait... Tu dois rentrer ? “
Là dessus, je me lève, et récupère mes affaires. Je n’ai pas envie de discuter, il se passe quelque chose de grave, et il faut absolument que je descende, ma mère ne va pas tarder à arriver. Je me rhabille en vitesse.

- Mais... Il y a un problème ? June...
- Je suis désolée Roger. Moi même, je ne le sais pas vraiment. “
Là dessus, mon portable revibre. Un texto de Maman. “Je suis en bas de l’immeuble de Clément. Descendez tous les deux, si les parents de Clément le veulent bien. Dites leur qu’on se rend à l’hôpital Saint Jean”.
Clément s’exlame :
- “Mais que se passe t-il ?” Il s’empresse de s’habiller à son tour. Et moi je réfléchie. J’ai l’impression que mon cerveau est en ébullition, et que mon coeur va éclater.
C’est quoi ce bordel ?!
On descend Rog et moi, et Maman ne dit pas un mot de toute la route. Je n’ose pas lui parler, Rog non plus. Arrivés devant l’hôpital Saint Jean, je me tourne précipitament , en panique totale:
“ - Maman, qui est ce qu’on va voir à l’hôpital, bon sang ? Dis moi...”
Elle lève le frein à main. Et me regarde.
“ - C’est Vincent.”
Pourquoi la Terre s’est soudainement écroulée sous mes pieds ?
Est-ce que je suis encore en vie ?...
J’ai attrapé mon iPhone en vitesse.
- Allô, Jordan ?
- Cristina ...
- J’ai besoin d’un service...” (j’y vais direct)...
- Ça m’aurait étonné ! Sinon, pourquoi m’aurais tu appelé...
- Excuse moi... Tu vas bien ?
- On fait aller. Qu’est-ce que tu veux ?
- J’ai un ami à l’hôpital...
Tout ce que j’avais à faire, c’est émouvoir Jordan de mon malheur, non ? Jordan est mon ex-petit ami, et il a vingt cinq ans. C’est un mec bien.
- “Je passe te prendre à quelle heure ?” demande t-il.
Ça a marché ! Déjà ? Ç’a été plus rapide que ce que j’imaginais... Jordan est un type attentionné, et il se doit de me rendre service, car il m’a aimé comme un fou, et au fond, je crois qu’il m’aime encore un peu. Je demande à Manon de passer me rejoindre chez moi dans l’heure qui suit. Sa voix semble troublée au téléphone...
- “ Je n’arrive pas à joindre Julie, je m’inquiète” me dit-elle. Je me permet de lui reprocher sèchement :
- Écoute, Vincent et le copain de Julie, non ? Si elle s’intéresse un minimum à lui, malgré ce qu’il s’est passé hier, elle devrait être la première au courant et en ce moment elle est sûrement déjà à la clinique à son chevet, alors arrête de stresser pour rien, OK ? “
Silence. Au fond de moi, je sais très bien que j’ai tort. En ce moment, Julie est chez “son Roger”, le petit ami de MANON. Quel gâchis. Et pauvre Manon...
Vers 10h30, Jordan passe nous prendre Manon et moi, et nous dépose à la clinique Saint Jean.
On nous indique la chambre de Vincent en précisant de ne pas rester plus d’un quart d’heure.Dans les couloirs bleus et blanc qui puent la biceptine, on croise Monsieur et Madame Duchamps, les parents de Vincent. Ils ne nous saluent même pas, Madame Duchamps se contente de me dévisager totalement. Ils pensent qu’on est dans le coup, forcément. Quand on fait un coma éthylique en soirée, on est plusieurs à s’être motivé pour boire, et donc il y a plusieurs responsables... Je me sens trop mal à l’aise. On y est pour rien, nous. Si seulement je croisais la peste qu’il s’est tapé hier soir et ses potes, je leur atomiserai la face (sérieusement !). On toque à la chambre 412.
C’est un visage inconnu qui nous ouvre.
- “ Heu, salut. Vous venez voir Vincent ?...
C’est un garçon brun et typé, surement maghrébin, 20 ans environ.
- À ton avis, si on frappe à cette porte, on vient voir ma grand mère tu crois ?... “
Jordan nous a suivi, je n’avais même pas vu.. Le vent qu’il lui a mis... Le mec a l’air gêné... J’en veux un peu à Jordan d’avoir rappliqué ainsi, il n’a jamais vu Vincent, il n’a aucune affinité avec lui ! En appellant Jordan, j’avais juste besoin d’une voiture...
“ - Nous sommes des amis de Vincent, lance timidement Manon. Est-ce qu’on peut entrer ?
- Évidement, je vous en prie. “
Le mec n’est pas vexé. Classe, politesse, diplomatie. Il a l’air plutôt sympa.
Vincent est endormi sur le lit d’hôpital, un masque à respiration artificielle collé au nez. Il est torse-nu, et les cheveux ébouriffés. Il est plutôt mignon, d’ailleurs. Trois chaises sont à notre disposition. Il n’y avait que le jeune typé dans la salle. Pas de trace de Julie. Manon et moi on s’assoit, et puis Manon, elle se met à pleurer. Trop émotive, chérie.
Jordan reste debout, et il fixe Vincent. Je le regard, d’un air intterogateur. Il questionne :
- “Qu’est-ce qu’il s’est passé exactement ? “
Il s’est adressé à nous tous, et c’est drôle, parce que le mec dont on ignore le prénom s’est soudainement senti concerné.

June
Combien de temps est-ce que ça a duré ? Dix minutes ? Trois heures ?
La jeunesse, c’ est une conception inscousciante et totalement vulnérable. (Dixit, mon père). Des fois, je me rend compte qu’il a peut-être raison. Ma mère a apellé, le vibreur m’a fait sursauté. Clément avait une main sur mes fesses, on était liés, comme deux siamois. J’ai répondu, quand ma mère appelle, je répond toujours. (Ou presque)
- “Ma chérie, il s’est passé quelque chose de grave, où es tu ?... “ La dernière mauvaise nouvelle que Maman m’a annoncé avait été la pire de toutes. Je me suis redressé. Clément a froncé les sourcils.
- “ Que... Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
- Mais... Tu n’es pas au courant ? Enf...in, Jul.. Hier, tu... ent ? Le réseau passe mal, je ne comprend rien.
- Mais, qu’est-ce qu’il s’est passé ?! Je n’entend rien, Maman !
- Je passe te prendre en voiture, où es tu ?
- ...
- Es où ? ...ie, où es tu ?
- Chez Clément, je répond.
Silence.
- Maman ?
- Je passe te prendre.
Elle a raccroché.
Je me tourne vers Clém, et je me sens... toute retournée. Plus envie de rien faire, je suis dans la totale inconscience, et je n’ai pas la moindre idée de ce qu’il se passe.
- Qu’est-ce qu’il y a ? Qui c’était ? me demande Rob.
- Ma mère.
Il ne s’inquiète pas, il n’a pas entendu le dialogue.
- Et alors, qu’est-ce qu’elle voulait... Tu dois rentrer ? “
Là dessus, je me lève, et récupère mes affaires. Je n’ai pas envie de discuter, il se passe quelque chose de grave, et il faut absolument que je descende, ma mère ne va pas tarder à arriver. Je me rhabille en vitesse.

- Mais... Il y a un problème ? June...
- Je suis désolée Roger. Moi même, je ne le sais pas vraiment. “
Là dessus, mon portable revibre. Un texto de Maman. “Je suis en bas de l’immeuble de Clément. Descendez tous les deux, si les parents de Clément le veulent bien. Dites leur qu’on se rend à l’hôpital Saint Jean”.
Clément s’exlame :
- “Mais que se passe t-il ?” Il s’empresse de s’habiller à son tour. Et moi je réfléchie. J’ai l’impression que mon cerveau est en ébullition, et que mon coeur va éclater.
C’est quoi ce bordel ?!
On descend Rog et moi, et Maman ne dit pas un mot de toute la route. Je n’ose pas lui parler, Rog non plus. Arrivés devant l’hôpital Saint Jean, je me tourne précipitament , en panique totale:
“ - Maman, qui est ce qu’on va voir à l’hôpital, bon sang ? Dis moi...”
Elle lève le frein à main. Et me regarde.
“ - C’est Vincent.”
Pourquoi la Terre s’est soudainement écroulée sous mes pieds ?
Est-ce que je suis encore en vie ?...
A suivre...



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